Catherine Bronnimann tisse des liens entre la psychanalyse et la mode

LivrePsychothérapeute et ancienne professeure de design, l’auteure a réuni ses deux univers dans «La robe de psyché», un essai paru chez L’Harmattan.

Catherine Bronnimann, auteure de <i>La robe de psyché</i>.

Catherine Bronnimann, auteure de La robe de psyché. Image: Olivier Vogelsang

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Un bureau dans les tons gris, une table en verre, un dessin blanc sur un mur blanc: Catherine Bronnimann, longue jupe plissée à la Issey Miyake, pull ample et baskets montantes, se fond dans les teintes de son cabinet de psychothérapeute à Plainpalais. On l’avait connu, il y a quelques années, avec des cheveux rouges. Ils ont cédé la place à la couleur naturelle qu’adopte la chevelure d’une femme de 66 ans. «Je les ai beaucoup aimés, ces cheveux rouges, mais un jour, j’en ai eu marre. J’ai eu l’impression que l’on ne voyait plus que ça. J’ai lâché l’artifice, pour être plus près de moi et peut-être de mon âge.»

C’est justement sur ce genre de détails que s’est arrêté Catherine Bronnimann, également costumière et ancienne professeure de design et de psychosociologie de la mode et du paraître à la Haute école genevoise d’art et de design, dans son essai sur les liens entre psychanalyse et vêtement. Avec La robe de psyché, qui vient de paraître chez l’Harmattan, l’auteure conjugue ses deux univers professionnels.

«J’ai assez vite réalisé que le monde de la mode, avec sa folle concurrence et ses diktats, n’était pas tellement fait pour moi.» La designer se forme en psychothérapie à Paris et continue à s’intéresser au vêtement «comme support de l’expression personnelle». «J’ai beaucoup étudié Carl Gustav Jung, qui considère la personne de manière globale, tant dans son corps que dans son âme. C’est fou comme les patients changent au cours d’une thérapie, au niveau de leur habillement. Ils vont toujours dans la même direction, vers quelque chose de plus personnel.»

Ses compétences en mode sont-elles utiles à Catherine Bronnimann dans son exercice de thérapeute? «C’est le regard qui me sert. La mode, ça nous apprend à avoir les yeux ouverts sur tout.»

Son ouvrage vise à rappeler que «le vêtement parle, la plupart du temps, d’autre chose que de lui-même». «Il peut être une expression. On l’oublie trop souvent. La question n’est pas de suivre la mode mais de s’approprier ce que l’on porte, de se sentir bien dedans et de ne pas se conformer au désir d’autrui. J’entends souvent des femmes dire qu’elles portent des talons hauts pour plaire à leur copain ou à leur mari. Et je ne l’entends pas seulement chez des personnes d’un certain âge. Faire plaisir, pourquoi pas, mais il faut tâcher de ne pas se perdre là-dedans.»

«La robe de psyché. Essai de lien entre psychanalyse et vêtement», Catherine Bronnimann, Ed. L’Harmattan, 269 p. Lecture et rencontre le samedi 30 mai à 11 h au Théâtre Le Poche, 7 rue du Cheval-Blanc

Créé: 09.04.2015, 17h37

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