Catherine Lovey aime les petites bizarreries de la vie

LittératureL’écrivain valaisan cultive son goût du pseudo-anodin avec «Monsieur et Madame Rivaz», son 4e roman tout d’ironie et de tendresse.

Catherine Lovey écrit depuis toute petite.

Catherine Lovey écrit depuis toute petite. Image: Ville de Lausanne

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«Mes lecteurs ne me croient pas, mais c’est vrai: je ne sais jamais la trame du roman que j’écris. Je ne sais même pas comment va finir le chapitre ou comment va commencer le suivant.» Le processus d’écriture de Catherine Lovey est aussi lent que sa lecture est fluide et enlevée. «J’écris beaucoup de façon très spontanée mais je n’en garde que peu dans le roman final.» Cette lente maturation tient aussi au perfectionnisme de la Vaudoise d’adoption.

Genèse des personnages du roman

Monsieur et Madame Rivaz est né de la simple vision – de dos – d’un couple âgé. «Ils avaient leur propre rythme quand je les ai vus au milieu du monde. Cela a été mon point de départ.» De là, l’histoire de ce couple qui refuse la croisière que leur a payée leur fils, de cette narratrice un peu paumée qui trouve chez eux une sérénité qui lui manque, de ces vies un peu mornes qu’éclaire par instants un hasard plus ou moins heureux. «Oui, j’aime les choses qui peuvent sembler anodines. Dans notre vie aussi, ce sont parfois des petits détails qui nous révèlent le plus, des petits secrets qui nous entourent. Ces choses qui peut-être n’existent pas et que je fais vivre dans mes livres.»

Journaliste économique, puis écrivain

Pourtant, la quadragénaire s’est aussi intéressée aux grands problèmes du monde. Après des études en relations internationales, elle a commencé une carrière de journaliste économique qui la verra travailler à 24 heures, à la Tribune de Genève ou à L’Hebdo jusqu’en 2010. «J’ai adoré ce métier mais je sentais un manque en moi.» Elle qui dévorait tous les livres qu’elle trouvait dans son Valais natal a écrit depuis toute petite, jusqu’au jour où elle a détruit ses manuscrits. «Je lisais aussi bien Dostoïevski, Tchekhov, Gide que des romans de cow-boy, de gare ou d’amour que je trouvais dans ma famille, à la cure ou à la bibliothèque.»

«J'ai appris le russe, cette langue influence aussi ma façon d'écrire»

Après les auteurs classiques qui la faisaient fantasmer sur la Russie, c’est un de ses profs d’uni qui lui fera rencontrer le pays, en organisant un voyage de classe dans ce qui était encore l’Union soviétique. «J’y suis retourné souvent depuis. Je n’en admire pas le gouvernement, mais ce pays me constitue aussi, j’y suis un autre moi. Il m’aide à me regarder de loin. Et cette langue que j’ai apprise a une autre structure que le français, elle influence aussi ma façon d’écrire.»

Auteur avant d'être femme

Les quatre romans de Catherine Lovey pourraient tous être russes, avec cette ironie tendre, ces seconds degrés délicats, cet humour du tragique et ces anonymes magnifiques. Mais ils sont aussi la signature d’un écrivain qui porte avec constance une vraie œuvre. On dit bien «un écrivain» tant elle déteste la féminisation de son métier: elle explique sur son blog combien elle veut être auteur avant d’être femme. Elle y répond, à la manière d’un FAQ, aux questions de ses lecteurs qu’elle rencontre beaucoup dans des événements, comme ce samedi pour le Prix des lecteurs de la ville de Lausanne. En digital aussi, sa plume est aussi drôle que précise.

Créé: 31.10.2016, 10h44

La rencontre

Lausanne, Cercle littéraire
Sa 5 nov. à 11 h, rencontre avec Catherine Lovey, suivie d’un apéritif gourmand. Entrée libre, inscription par mail à prixdeslecteurs@lausanne.ch

www.lausanne.ch/prixdeslecteurs

Le livre



«Monsieur et Madame Rivaz»
Catherine Lovey
Ed. Zoé, 320 p.

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