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Christophe Ono-dit-Biot cherche à faire «Croire au merveilleux»

La littérature ne sort pas gagnante de ce nouveau récit de l’écrivain et journaliste. Psychologie et poésie de magazine

Christophe Ono-dit-Biot croise la psycho facile avec le journalisme touristique.
Christophe Ono-dit-Biot croise la psycho facile avec le journalisme touristique.
F. Mantovani - Gallimard/LDD

Classé un temps dans les bonnes ventes, Croire au merveilleuxattirait l’attention sur son auteur, un Christophe Ono-dit-Biot autant homme de médias qu’écrivain déjà couronné par le Prix Interallié (pour Birmane, en 2007) et par le Grand prix du roman de l’Académie française et le prix Renaudot des lycéens (pour Plongeren 2013). Son dernier roman reprend d’ailleurs le personnage de César, prolongeant sa destinée de veuf depuis le précédent récit.

Il faut toujours se méfier des journalistes qui font profession de littérateur et préférer les transferts inverses… Dans le cas d’Ono-dit-Biot, il semblerait que sa trop grande fréquentation des magazines (directeur adjoint du Point, où il est responsable de la culture) déteigne sur sa prose. Sur une thématique digne d’un dossier sur le veuvage (après le décès de Paz, dans Plonger), l’auteur soigne le spleen de son personnage avec un catalogue de voyage traité sur un mode poétique digne de chantantes recettes de cuisine – l’huile d’olive devient ainsi un «jus de soleil».

Côte amalfitaine, Majorque et mystérieuse île grecque font ainsi leur apparition au cours d’un Croire au merveilleux qui s’embouche pourtant sur les trompettes de la dépression avec un héros avalant une salade de médicaments pour mettre fin à ses jours. Le papa du petit Hector sera toutefois sauvé de sa lâcheté par la sibylline Nana, voisine de palier aussi jeune qu’érudite, beauté étrange dont l’appartement résonne d’étonnants concerts orgasmiques.

Cette «merveilleuse» rencontre sera l’occasion pour l’écrivain d’étaler encore un peu sa science de l’antiquité et de démontrer ses connaissances en design italien avec des créateurs nommés à chaque meuble admiré. Même à vouloir y croire de toutes forces, le merveilleux déployé se perd dans d’invraisemblables outrances et dans des tonnes de cliché. Le réel finit par reprendre ses droits, mais trop tard, à la dernière page.

Partez en vacances, partez en Méditerranée, mais sans Croire au merveilleux.

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