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Frank Giroud finit son histoire avec «Churchill et moi»

Le scénariste toulousain, 62 ans, s’en va sur un ultime album emblématique.

Dans un monde macho, l’héroïne de «Churchill et moi» raccourcit son nom en Clem Harper.
Dans un monde macho, l’héroïne de «Churchill et moi» raccourcit son nom en Clem Harper.
DR

Décédé vendredi, Frank Giroud venait de publier «Churchill et moi», un album qui, au fond, le résume. L’agrégé d’histoire y décale sa science du passé pour la transposer dans un imaginaire revigorant. «Je pioche des idées dans l’histoire mais je ne suis pas un historien, je suis conteur!» professait-il.

Ainsi de son ultime héroïne flamboyante, inspirée par la future Mme Churchill, créature pourtant fictive dans l’Angleterre corsetée de 1900. Cette Miss Harper, fille de maquignon, s’énamoure de son voisin sexy. La butée intrépide poursuit Winston Churchill de ses ardeurs, deviendra même grand reporter dans un monde macho pour séduire la future coqueluche politique.

«Une vie sentimentale, sexuelle et conjugale très riche, sinon chaotique»

Matérialisant l’époque avec un souci documentaire passionnant, Giroud immerge sa rebelle dans la fange des asiles psychiatriques pour des reportages choc, finit de dépuceler ses naïvetés sur les fronts guerriers, de Peshawar à Durban, trucide ses dernières illusions sur Winnie, monstre d’égotisme précoce. Le scénariste, biberonné au féminisme des années 1970, se félicitait d’une éducation qui lui avait valu «une vie sentimentale, sexuelle et conjugale très riche, sinon chaotique». Frank Giroud avait composé pour la chanteuse Juliette des hymnes militants, notamment sur «Assassins sans couteaux» (1998). Au-delà de cette adhésion au mouvement de libération de la femme, l’homme était mené par «une révolte viscérale» contre l’injustice. Surtout, pour cet érudit humaniste, l’action se devait de se matérialiser dans la transmission du savoir.

L’auteur de «Louis la Guigne» restera comme un passeur, bien avant la mode de l’histoire vulgarisée en BD. Ainsi de son œuvre maîtresse, «Le Décalogue» (2001-2003), où il dialogue avec dix dessinateurs. Tirée à plus d’un million d’exemplaires, «la série, salue son éditeur Glénat, introduit l’islam dans la bande dessinée pour la première fois». Cette curiosité pour l’autre se manifeste encore dans «Churchill et moi», où Giroud lance Andrea Cucchi, dessinateur de 25 ans venu de Bologne, qu’il avait repéré à Angoulême en 2016.

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