Cosey emmène Minnie sur les traces du yéti

Bande dessinéeDeuxième incursion de l'auteur vaudois dans l’univers Disney, «Le secret de Tante Miranda» met la fiancée de Mickey en vedette. Décryptage.

Image: ED. Glénat

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Lorsque l’éditeur Jacques Glénat lui a demandé s’il voulait dessiner une histoire de Mickey, Cosey n’a pas hésité un instant. En mars 2016, avec «Une mystérieuse mélodie», l’auteur vaudois dévoilait, tout en finesse et en références, la première rencontre entre la célèbre souris créée par Walt Disney et sa fiancée Minnie. Un album unique, en principe. Sauf que dans un coin de sa tête, le père de la série «Jonathan» envisageait de prolonger son plaisir avec une nouvelle aventure où Minnie tiendrait la vedette.

Drôle, tendre, touchant, «Le secret de Tante Miranda» voit Cosey doter son héroïne d’un caractère bien affirmé. «C’est ainsi que j’ai envie qu’elle soit», explique-t-il devant un café gourmand. «Je la montre tout à la fois fleur bleue et colérique, timide et aventureuse. Ces deux aspects contradictoires, qu’on peut retrouver au quotidien, m’amusaient beaucoup.» Flanquée de son amie Clarabelle, Minnie part au cœur de l'hiver sur les traces du Big Foot. Autrement dit le yéti. Tacitement située dans les Rocheuses – chez Disney, les indications géographiques demeurent floues ou imaginaires – l'histoire permet au dessinateur de faire évoluer ses personnages dans la neige, son élément graphique favori. «Je représente les sapins, les rochers, un skieur. C’est le lecteur qui imagine la neige, simplement suggérée à travers le papier blanc.» Au passage, Cosey réinvente le temps d'une case la mythique couverture de l'album «À la recherche de Peter Pan». Un clin d’œil graphique des plus réussis.

«Quand Minnie propose une boisson à Clarabelle, j’avais envisagé du café. Pas possible! Chez Disney, ce n’est visiblement pas une boisson correcte pour les femmes. Grotesque! J’ai dû lui faire boire du thé»

Cadrage, couleurs, composition des cases, encrage: on reconnaît immédiatement Cosey derrière l'imagerie disneyenne. Le dessinateur, qui avait vainement voulu «passer inaperçu» dans l'album «Une mystérieuse mélodie», cherchant à se fondre à l'intérieur de l'univers de Mickey, affirme pleinement son style avec «Le secret de Tante Miranda». Pour cette deuxième incursion, il s’est senti plus à l’aise. «Je savais où se situaient les limites: pas de sexe, pas de violence, pas de sang... Pour le premier Mickey, j’avais demandé s’il existait une charte à respecter. On m’avait répondu qu’elle se trouvait dans ma tête. Pourtant, il y a eu deux ou trois éléments censurés, que je regrette.» Cette fois, Cosey n’a connu qu’une mauvaise surprise. «Quand Minnie propose une boisson à Clarabelle, j’avais envisagé du café. Pas possible! Chez Disney, ce n’est visiblement pas une boisson correcte pour les femmes. Grotesque! J’ai dû lui faire boire du thé.»

«Minnie Mouse: Le secret de Tante Miranda», Cosey. Ed. Glénat, 72 p.
Dédicace à la libraire Raspoutine, rue Marterey 24, Lausanne, vendredi 13 décembre dès 17h.

Créé: 12.12.2019, 16h30

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Couleurs chères à Cosey

Du bleu, du blanc, du jaune tirant sur l’ocre: on retrouve sur la couverture, comme dans l’album, la gamme de tons chère à Cosey. «Ce sont des affinités profondes.» Les couleurs sont apposées manuellement, à la gouache. «Pour le premier Mickey, j'ai essayé de coloriser à l'ordinateur. J'y parviens, mais ce n'est pas du tout mon truc.»

Minnie premier rôle

«C’est la première fois que Minnie tient le premier rôle dans une histoire de Mickey. Jusqu’ici, elle a toujours été la gentille fiancée un peu moralisatrice. J’avais envie de développer son personnage. Je me suis demandé: c’est qui, Minnie?»

Clin d’œil à Hergé

La main du yéti évoque irrésistiblement l’album que Cosey considère comme le chef d’oeuvre d’Hergé: «Tintin au Tibet». «Il a réussi à créer du suspense sans faire intervenir un méchant dans son histoire. Très fort et hyper nouveau à son époque.»

Side-car intéressant graphiquement

Cosey aime bien dessiner les side-cars. «J’apprécie l’aspect graphique de ce véhicule un peu marginal. On en trouve chez les premiers Mickey. J’en avais déjà représenté dans deux Jonathan: «Celui qui mène les fleuves à la mer» et «La saveur du Songrong.» Loisel en a également dessiné un dans «Café Zombo», sa réinterprétation de Mickey.»

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