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Avec «Croix de bois, croix de fer», Thomas Sandoz rencontre les lecteurs à Lausanne

Interview d’un passionné de l’écrit qui vient de publier son quatrième roman pour les éditions Grasset.

Après une poignée de livres plus denses, Thomas Sandoz a construit une jolie mécanique romanesque rythmée de dialogues avec «Croix de bois, croix de fer».
Après une poignée de livres plus denses, Thomas Sandoz a construit une jolie mécanique romanesque rythmée de dialogues avec «Croix de bois, croix de fer».
S. ANEX

Il se dévoue corps et biens au sacerdoce de la chose écrite. «J’ai organisé ma vie autour de l’écriture, j’aime passionnément le monde des mots», avoue, presque d’emblée, Thomas Sandoz lorsqu’on le rencontre dans un hôtel de Neuchâtel surplombant un lac d’étain illuminé d’une ligne de soleil platine.

L’écrivain qui concourt au Prix des lecteurs de la ville de Lausanne avec Croix de bois, croix de fer, son quatrième roman pour Grasset, donne aussi de son temps à de la médiation culturelle, anime des ateliers d’écriture, mais ne s’éloigne jamais bien loin de la littérature. Que sa passion rime aussi avec abnégation ne le décourage pas, même s’il assure qu’il ne sait pas encore ce qu’il gagnera dans deux mois…

Ses intérêts l’ont mené sur les terrains les plus divers, de la vulgarisation scientifique à une biographie du chanteur Allain Leprest en passant par un ouvrage très documenté sur Derrick! «J’ai des dizaines d’envies et parfois du mal à me focaliser sur une seule», concède celui qui se concentre tout de même depuis quelques années sur sa production romanesque, travaillant et retravaillant sa prose pour s’arrêter lorsqu’il ressent une «satisfaction, du moins jusqu’à ce que la phrase sonne et que je n’arrive pas à faire mieux». «Il y a une part masochiste dans l’écriture: on passe beaucoup plus de temps à se corriger, c’est-à-dire aussi à se malmener, que dans la part de création.»

Pour cet habitant de La Chaux-de-Fonds, la fiction n’est pas prétexte à frivolité. «Quand on écrit autour de son nombril, il y a une marge de liberté, pas pour une fiction crédible où l’on n’a pas le droit à l’erreur.» En tant qu’auteur, il se documente ainsi avec ferveur. «Je pense qu’il y a peu d’activité où l’on est aussi légitimé à passer son temps sur le Net. Si j’introduis une marque de voiture, je m’assure que le modèle, sa couleur, étaient bien disponibles à l’époque où se situe l’action. C’est une recherche permanente.»

Pour Croix de bois, croix de fer, il s’est plongé pendant un an dans toutes sortes de documents autour du missionnariat, puisant aussi bien dans les témoignages directs que dans les publicités d’écoles bibliques. Comme tout doit être vérifié, il s’est aussi penché sur les synthétiseurs Casio et les vélomoteurs Puch! Il regrette encore une erreur jadis commise sur le nom d’une équipe de base-ball. «Les lecteurs voient tout et ne vous passent rien. Tant mieux!»

Si Thomas Sandoz passe presque autant de temps à lire – «les collègues, ce qui plaît… cela fait partie du métier» – qu’à écrire, il n’éprouve pas ses heures de rédaction comme un retrait du monde trop pesant. «On écrit seul, mais on n’est pas si seul. Je pense aux lecteurs, à mon épouse – qui me gomme passablement de mots! –, à mon libraire, à mon éditeur.» Optimiste invétéré qui adore tout ce qui fait lire – à ce titre, il serait prêt à décerner le Nobel de littérature à J. K. Rowling – il se passionne aussi pour tout ce qui entoure le livre, et consulte régulièrement le magazine spécialisé dans les chiffres éditoriaux Livres Hebdo. «Mon éditeur me dit qu’un auteur ne devrait jamais faire ça.»

Alors que son nouveau livre est bien avancé et qu’il songe déjà au suivant, il est heureux de revenir sur Croix de bois, croix de fer et sa sphère évangélique pas si éloignée de son milieu familial. «La religion n’y est qu’un décor, le thème central est celui de l’engagement. Qui s’engage le plus: celui qui part faire le bien au loin ou celui qui aide la voisine à monter ses commissions? Mon éditrice, récemment décédée, me pressait d’écrire sur mes origines, mais je résistais. Parce que je pensais que ce n’était pas très intéressant, et parce que, portant les valeurs protestantes familiales – servir et aider –, je suis pourtant un renégat. Mais j’espère avoir trouvé le moyen de le faire.»

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