Douglas Coupland sert le trash à la louche

RomanAvec «La Pire. Personne. Au monde.», l’auteur de «Generation X» fait vrombir un cynisme de cartoon. Drôle et limité.

Douglas Coupland invente deux Pieds nickelés cyniques et attachants.

Douglas Coupland invente deux Pieds nickelés cyniques et attachants.

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«Ça doit avoir le goût d’une calculatrice de poche garnie de jus d’herpès déshydraté en flocons. – Une sacrée image, Ray. – Je fais mon possible.»

Douglas Coupland, lui, est prêt à tout, même l’impossible, pour faire rire le lecteur de La Pire. Personne. Au monde. – son dernier roman dont est tiré ce dialogue. L’auteur de Génération X (1991), livre qui marquait les esprits par son désenchantement et son humour désabusé, n’a depuis pas souvent œuvré dans la subtilité, même s’il faut citer le joli personnage féminin d’Eleanor Rigby (2004), presque poignant dans sa lucide solitude.

Rien de sociétal et encore moins de compassionnel dans sa dernière livraison qui mitraille du trash à traits lourds. Cameraman anglais foutraque qui, à 40 ans, a déjà assez mal vécu, Raymond Gunt quête un boulot chez son ex-femme, une harpie cokée qui l’envoie sur une production aux îles Kiribati. Seule condition: il doit partir avec un assistant personnel.

Le perdant pas du tout magnifique entend immédiatement «esclave» et choisit un clochard rencontré la veille. En antihéros accompli, Raymond ne cessera pas de se faire voler la vedette par un second qui, une fois lavé et rhabillé, a plutôt belle allure et qui boira même le champagne avec Cameron Diaz lors du voyage en avion…

Mais les aventures invraisemblables de ces deux Pieds nickelés en partance pour un improbable mandat de télé-réalité dans le Pacifique (illuminé par une explosion nucléaire) ne sont que le prétexte de Douglas Coupland pour déchaîner un burlesque au cynisme sans limites. Le Canadien surfe sur un «bête et méchant» effervescent. Phallocrate et homophobe accompli, Gunt ne pense qu’au sexe, déteste les Américains et se moque des handicapés. Quant aux obèses, il n’hésite pas à s’en débarrasser avec perversité.

Ce qui écœurera les uns fera pourtant rire les autres, tant on nage en plein délire. C’est la (mauvaise) joie et la limite de ce bouquin qui se lit d’une seule traite en ricanant. Bêtement.

Créé: 25.08.2015, 21h47

Le livre

Douglas Coupland
La pire. Personne. Au monde.
Ed. Au Diable Vauvert, 368 p.

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