Passer au contenu principal

Ecrivains de prix et autres bêtes de Goncourt

La saison des prix littéraires débute lundi avec le Goncourt, trophée né en 1919, un quasi centenaire plus fringant que jamais. Revue des effectifs.

Yannick Haenel, l'éternel prétendant.(Archives)
Yannick Haenel, l'éternel prétendant.(Archives)
Francesca Mantovani / Gallimard

La rentrée 2017 n’aura guère éclaboussé. Pas de déclarations fracassantes, d’évidence subjugante à la Jonathan Littell, de consécration annoncée à la Michel Houellebecq. L’automne se mettra sous peu sous le signe de La promesse de l’aube, le chef-d’œuvre de Romain Gary, la nostalgie guette. Il suffit de se souvenir de la merveilleuse arnaque de cet agitateur géant. Gary se dédoubla en Emile Ajar pour fustiger l’intelligentsia germanopratine et empocher, contre la règle, le Goncourt à deux reprises.

Aucun hold-up aussi jouissif ne se profile. Du coup, ce sont les jurés des concours qui se montrent excentriques. Voir les membres du Prix Médicis, indécis sans doute, qui décident de sauter les préliminaires, se réservant pour le verdict final sans céder aux présélections traditionnelles.

Ou encore cet excellent roman de mai, L’ordre du jour(Actes Sud), d’Eric Vuillard, «repêché» pour le trophée suprême ce lundi. Et cet autre, La serpe (Julliard), longtemps favori toutes catégories, de se voir évincé. Philippe Jaenada, auteur de cette superbe énigme, peut encore espérer les Prix Femina et Interallié.

Du côté du Renaudot, le jury présidé par Frédéric Beigbeder, qui vote en complémentarité avec son homologue du Goncourt, s’est finalement accordé sur un quintet d’auteurs très discrets. Histoire, à l’évidence, d’aboutir à une liste absolument étanche par rapport aux collègues du Café Drouand. Chez ces Goncourt règne cette année une parfaite parité sexuelle, éditoriale aussi. De là, «petits lapins et grands fauves», comme l’énonce un membre du Renaudot, peuvent s’étriper. «Très franchement, je suis incapable de vous dire qui gagnera, note Bernard Pivot. Ils ont chacun leur chance, avec leurs vertus et leurs qualités.»

Et le président du Goncourt de se féliciter: «Le plus prestigieux prix dans le monde est le Nobel de littérature. Mais après, c’est le Prix Goncourt.» Encore faut-il qu’il se révèle populaire comme, l’an passé, Chanson doucede Leïla Slimani. Car le Goncourt des lycéens, Petit pays de Gaël Faye l’an dernier, prend toujours plus d’ampleur et talonne désormais son auguste aîné dans les ventes. Prix Goncourt et Renaudot, le 6 nov. Prix Décembre, le 7 nov. Prix Femina et Interallié, le 8 nov. Prix Médicis, le 9 nov.

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.