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Elisabeth Alli voyage dans l’histoire suisse

L’éditrice a été la première à publier des livres pour enfants sur les particularités helvétiques

Elisabeth Alli a fondé sa maison d’édition, Sbook, en 2006. Chaque ouvrage aborde de manière ludique et didactique l’histoire des Helvètes.
Elisabeth Alli a fondé sa maison d’édition, Sbook, en 2006. Chaque ouvrage aborde de manière ludique et didactique l’histoire des Helvètes.
Philippe Maeder

«Madame, dans vos livres, il y a des bouts de votre propre histoire», lance un jour un petit garçon à Elisabeth Alli pendant l’une de ses interventions dans une classe. L’élève a vu juste. Le parcours personnel de cette Tessinoise d’origine nigériane est intrinsèquement lié à son envie de réunir dans des ouvrages pour enfants des récits sur la Suisse qu’elle-même, petite, a entendues de sa grand-mère d’adoption et qu’elle a, une fois devenue maman, transmises à ses trois enfants.

Depuis 2006, l’auteure de 47 ans aux multiples casquettes – journaliste, réalisatrice et docteur en sciences publicitaires – a fondé sa maison d’édition Sbook.ch afin de raconter ce pays qui lui a donné beaucoup d’opportunités. «À commencer par l’accès aux bibliothèques. Un espace ouvert comme ça n’est pas donné aux enfants partout dans le monde», explique-t-elle, installée dans la Bibliothèque de la jeunesse, à Lausanne, qu’elle affectionne particulièrement. Après «Langues et canton» ou encore «Lacs et rivières», le dernier en date de la collection La Suisse dans un livre est consacré au drapeau suisse. Tous destinés aux 6-12 ans.

Elisabeth Alli est née à Lugano, ses parents ayant fui le Nigeria pendant la guerre du Biafra. Souffrant d’une maladie respiratoire, elle est soignée en Suisse puis recueillie par une famille de pharmaciens qui l’élèveront comme leur fille. Elle passe de longues années sans passeport suite au conflit politique qui ronge son pays d’origine. Conséquence: impossible de rejoindre les Grisons pendant les vacances par le chemin le plus court qui traverse les Alpes italiennes. Elle doit faire un grand détour. Des heures de train pendant lesquelles sa grand-mère lui raconte l’histoire suisse, les différences linguistiques entre cantons, les tunnels… tout ce que la petite fille peut observer derrière la fenêtre du wagon.

Des années plus tard, lorsqu’elle doit occuper ses propres enfants dans le train qui relie le Tessin à Lausanne, où la famille réside en alternance, elle ne trouve aucun livre qui réponde aux nombreuses interrogations de ses deux filles et de son fils. «J’avais cette intuition que ces ouvrages trouveraient leur public», confie-t-elle en ouvrant son best-seller «Langues et cantons».

Comme aucune maison d’édition n’accepte le projet, elle se met à son compte. «Certains m’ont dit que ça ne marcherait pas. J’ai pourtant écoulé 3000 exemplaires de mon premier livre en un été dont 1000 en Suisse romande.» Car chaque opus est publié dans trois langues nationales – l’un a même pu sortir en romanche. «La spécificité de la Suisse que j’aime profondément est son aspect multiculturel», précise celle qui a étudié aussi bien au Tessin qu’à Lausanne et à Zurich. Entre 2006 à 2016, elle a écoulé 50 000 copies de ses cinq ouvrages, toutes langues confondues, son best-seller représentant deux tiers des ventes.

L’entrepreneuse s’entoure d’experts pour chaque thématique. «Pour «Montagnes et Plateau» par exemple, j’ai collaboré avec Michel Marthaler, professeur de géologie à l’Université de Lausanne. Je leur demande de se mettre à hauteur d’enfants. J’aime commencer mes textes avec des questions. J’utilise beaucoup d’illustrations, de bulles pour signaler des informations essentielles ou encore des photos de lieux où je me rends en famille, comme le Creux-du-Van que j’ai utilisé pour illustrer un aspect du Jura. Ce sont des ouvrages où les jeunes peuvent picorer du contenu, seuls ou avec leurs parents.»

Ses livres ont suscité l’attention de plusieurs écoles et communes, principalement au Tessin, qui lui proposent de faire de la médiation afin de favoriser l’intégration dans les classes mixtes. Aidée par son vécu, elle convainc facilement. D’ailleurs, c’est lors de ces journées qu’est née l’idée d’écrire sur le drapeau suisse. «Il permet d’aborder la question des origines. D’être Suisse ou pas. De savoir quel drapeau on a dans le cœur lorsqu’on est issu de la deuxième génération. Comprendre tous ces aspects de la Suisse est essentiel pour être capable de s’ouvrir au monde.»

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