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Ferrandez dégaine un western signé Jean Giono

Après Pagnol et Camus, l’auteur des «Carnets d’Orient» adapte en BD un nouvel écrivain.

Un décor sauvage magnifiquement représenté par Jacques Ferrandez.
Un décor sauvage magnifiquement représenté par Jacques Ferrandez.
ÉD. CASTERMAN

Ça commence comme un western: fusils de chasse, bottes et longs manteaux, gueules burinées. Dans un paysage à caractère alpestre, une chasse à l’homme a été lancée. Un jeune couple fuit ses poursuivants. On pourrait situer la scène chez John Ford, dans l’Ouest, le vrai. Sauf qu’écrite par Jean Giono, elle prend place dans une contrée imaginaire qui ressemble à la Haute-Provence, entre collines, montagnes et glaciers. Un décor sauvage magnifiquement représenté par Jacques Ferrandez. Après avoir adapté Marcel Pagnol et Albert Camus, l’auteur des «Carnets d’Orient» transcrit en bande dessinée le verbe d’un nouvel écrivain. «J’ai toujours voulu mettre des images sur ce roman d’action, singulier dans l’œuvre de Giono», explique l’intéressé dans le dossier qui accompagne ce roman graphique.

Action et aventure

Loin des classiques de Jean Giono – «Colline», «Regain» et autres «Le grand troupeau» – «Le chant du monde», publié en 1934, apparaît singulier. Exempt du lyrisme contemplatif de certains de ses récits, il privilégie l’action et l’aventure. Une histoire riche de personnages bien typés, tel Antonio dit «Bouche d’or», la figure centrale de cette épopée. Solitaire, ce moustachu au corps d’athlète qui ne laisse pas les femmes indifférentes vit sur une île au milieu d’un fleuve. À la demande de son ami Matelot, un vieux loup de mer reconverti en bûcheron, il va tenter de retrouver le fils de ce dernier, disparu sur le territoire du terrible Maudru, un grand propriétaire qui règne en maître sur les hommes et les bêtes. Chemin faisant – et celui-ci se révélera périlleux – Antonio rencontrera Clara, une jeune aveugle qui va bouleverser sa vie…

Fidèle au roman

«J’ai conservé en mémoire des scènes précises, une dynamique, les grands espaces», raconte Ferrandez. Respectueux du phrasé particulier de Giono, le dessinateur niçois est resté le plus fidèle possible à un roman dont Giono avait ensuite écrit une adaptation pour le cinéma, puis pour le théâtre. «La première scène, absente du livre, est celle que Giono avait imaginée pour son film.» Un long-métrage que l’écrivain comptait bien réaliser lui-même, mais qui a avorté suite à des différends d’ordre artistique avec son producteur. Plusieurs comédiens fameux avaient été pressentis, dont Alain Cuny et Jean Marais.

L’auteur du «Hussard sur le toit» avait aussi effectué des repérages pour trouver les lieux du tournage. Comme lui, et à différentes périodes de l’année pour bien s’imprégner des changements de saison, Jacques Ferrandez s’est rendu in situ, du côté des gorges du Verdon, dans la région de Manosque et dans la vallée de l’Ubaye. «J’ai composé à mon tour ma Provence imaginaire», raconte-t-il.

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Doubles pages

Pour bien rendre graphiquement la nature et les grands espaces dans lesquels évoluent les personnages, Ferrandez a utilisé le principe de la double page, souvent présent dans ses livres, notamment dans «Carnets d’Orient» (dix volumes publiés, de 1987 à 2009). De grandes aquarelles, en fond, servent de décor et contrastent avec son récit en bande dessinée. Résultat probant, avec une mention particulière pour les ambiances nocturnes, superbes.

L’auteur envisage-t-il d’autres adaptations de Giono? À 63 ans, il préfère se consacrer désormais à sa série phare. Il reprendra les «Carnets d’Orient» là où il les avait laissés, poursuivant cette saga consacrée à l’histoire de l’Algérie française. Pas d’album prévu avant la fin de 2020.

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