La grande Histoire regorge de polissonnes

SociétéAgnès Grossmann et Pierre Lunel s’intéressent aux femmes libres qui ont marqué l’Histoire. Caractéristique principale: elles couchent à tour de bras.

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Pour Agnès Grossmann, les femmes sexuellement libérées ont, à toutes les époques, été traitées de «salopes», voire de «putains». Elle évoque Cléopâtre, Messaline, la reine Margot, Catherine II de Russie ou Mata Hari. «De vraies femmes! Audacieuses et puissantes.» Dévoreuses d’amants, voire orgiaques, il faut le préciser. Pareilles créatures, sous la plume de Pierre Lunel, passent pour polissonnes. «Ces femmes libres sont les pionnières de la liberté féminine», écrit-il. Il s’intéresse à Agnès Sorel, à Marie Stuart, celles qu’il nomme les nymphes du régent Philippe, à l’aube du XVIIIe siècle, ou Simone de Beauvoir. Toutes succombent à la chair, beaucoup s’entichent du pouvoir.

Messaline se retrouve dans les deux camps. Epouse de Claude, nommé Imperator après l’assassinat de Caligula, elle se retrouve impératrice à 16 ans et entame une vie de grande séductrice. «Sa couche est démocratique, selon la documentariste TV Agnès Grossmann, ouverte aussi bien aux nobles patriciens qu’aux gladiateurs et même aux beaux esclaves qui s’y succèdent sans lassitude.» Son mari n’y voit que du feu! La petite-fille de Marc-Antoine tue aussi. La scandaleuse finira transpercée d’un glaive. En lisant Pierre Lunel, on se demande si elle était nymphomane: «Elle aurait défié des putains de métier… Son record serait de 24 hommes en 24 heures!»

Collection d’hommes célèbres

Ces femmes libres collectionnent les hommes célèbres. Que serait Beauvoir sans Sartre, Marlene Dietrich sans Sternberg? Philippe d’Orléans règne sur la France entre la mort du Roi-Soleil et le couronnement de Louis XV. Ce grand débauché, ripailleur, buveur et baiseur, a-t-il mis sa propre fille dans son lit? Marie-Louise-Elisabeth, devenue duchesse de Berry, trône en pièce maîtresse en ce temps où «l’on fait l’amour comme on soupe». Aux fameux bals masqués de l’Opéra – au secours les audaces! –, la duchesse, à l’égal de son père, y a sa loge, avec salon attenant pour les orgies privées. Voltaire fera de la taule pour l’avoir traitée de Messaline.

Pourquoi Mme Tallien, née Thérésa Cabarrus, marquise de Fontenay, mérite- t-elle le titre de Notre-Dame de Thermidor? Parce que son mari, Jean-Lambert Tallien, réussit à faire guillotiner Robespierre avant qu’elle y passe. Libérant, du même coup, Paris de la Terreur. Devenue la maîtresse de Paul Barras, elle s’attirera un autre surnom, celui de «reine du Directoire», mais on chuchote aussi qu’elle fut «la plus grande putain de Paris».

Marlene remonte le moral des G.I.

Plus près de nous, Marlene Dietrich, après avoir fait crever Gabin de jalousie, chante Lili Marleen pour remonter le moral des G.I. après Pearl Harbour. «Elle se donne, sans ménagement, écrit le prolifique Pierre Lunel, avec tendresse et à beaucoup d’entre eux. (…) Elle passe d’un lit anonyme à celui de Patton ou de Bradley avec l’élégance d’une Théodora de Byzance.» Celle qui carburait aux cocktails amphétamines-tranquillisants-champagne-tabac mettra une palette de stars dans son lit, dont Yul Brynner, à la vigueur légendaire, Noël Coward, Jack Lemmon et même le ténébreux Mel Ferrer. Avant qu’elle ne s’enferme dans son appartement parisien, rue de Montaigne. Après salopes et polissonnes, il faudrait lire le sort des cocus magnifiques. (24 heures)

Créé: 15.07.2016, 08h23

Lorsque les Napolitaines inventent le baiser «à la française»

Le fameux French kiss ne serait pas français. Cela se passe à l’époque du pape Borgia, à la fin du XVe siècle. Charles VIII de France, petit, laid et doté d’un très gros pif, est l’époux d’Anne de Bretagne. Ce qui ne l’empêche pas de la satisfaire, à sa grande surprise, et de prouver sa belle virilité à beaucoup d’autres. A la tête d’une armée rutilante, il rêve de conquérir le royaume de Naples.

Mais il s’éternise à Lyon, un temps loin de Madame, et s’adonne à la gaudriole. Afin de le tenir éloigné de leurs terres, les Napolitains lui envoient la sublime Sibylle, coquine de très haute volée. Il finit pourtant tout de même par se mettre en route et atteint la ville tenue par un souverain aragonais… qui prend la poudre d’escampette. Dans ses coucheries, le roi tombe alors sur une jeune écuyère qui lui donne un baiser fou. «A la grande surprise de Charles, écrit Lunel, elle introduit sa langue dans sa bouche souveraine et, comme il s’étonne du procédé, elle lui répond que c’est la mode italienne. La trouvant plaisante, il l’adopte et l’impose aussitôt.» Adieu donc lèvres closes et petits bisous lors d’étreintes privatives ou au cours de parties dépravées!

Les livres



«Les salopes de l’histoire»
Agnès Grossmann,
Ed. Acropole, 285 p.



«Polissonnes»
Pierre Lunel
Ed. du Rocher, 296 p.

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