Grimper vers les cimes pour élucider une légende

LittératureDans son deuxième roman, «La dame rousse», Olivier Beetschen recrée une mystique alpine, hallucinée de figures de femme.

Olivier Beetschen est l'auteur d'un deuxième roman.

Olivier Beetschen est l'auteur d'un deuxième roman. Image: Laurent Guiraud

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Né à Lausanne en 1950, il a étudié les littératures francophones et germaniques à Fribourg et, depuis Genève où il a élu domicile en 1978, Olivier Beetschen ne cesse de voyager. En France surtout, où il a collaboré notamment à La Nouvelle Revue française. En Suisse romande, il a publié de la poésie dans de prestigieux périodiques: Repères, [vwa], ou La Revue de Belles-Lettres, qu’il a dirigée de 1989 à 2009. Entre deux, il avait publié un premier roman, chez Lézardes, à Genève: A la nuit s’étoffait de légendes nordiques et scandinaves. Dans le second, qui paraît à L’Age d’Homme, il explore ses propres racines d’Europe centrale, qui tout autant abondent en mythes liés aux éléments naturels, ou à des histoires anciennes et sibyllines.

C’est un peu pour en élucider une que Beetschen crée deux héros contemporains, aux patronymes très helvétiques – Baud et Riesen. Le second, prénommé Luc, souffrant d’un chagrin conjugal, se laisse inviter par son ami Alain à une ascension alpine, exercice salutaire impliquant des efforts épuratifs de l’esprit. On sait que, en altitude, on respire plus vite pour compenser le manque d’oxygène, la pression sanguine augmente, générant une euphorie onirique, où l’érotisme a sa part.

Gravir entre hommes une montagne réveille de troublants souvenirs féminins récents. D’autres fem­mes les piégeront aux étapes de la curative escalade. C’est lors d’un bivouac stratégique que leur apparaît (comme dans un miroir à métamorphoses) Pirmina la rouquine. Une figure plus ancienne, tout à la fois diablesse et consolatrice, tentatrice comme une Calypso ou incarnation d’une épouse idéale. Elle fut, en fait, l’héroïne vraie d’une légende bernoise des XVe et XVIe siècles, que l’auteur raconte à sa façon, après avoir épluché des archives autorisées. Ses péripéties avec «trois fils de l’aigle» nourrissent huit chapitres centraux du roman. Suivra un réveil difficile joliment narré de deux hommes encore en proie au vertige. Celui des hauteurs? Non celui d’avoir surplombé un passé perdu. (24 heures)

Créé: 13.05.2016, 10h04

A lire

«La dame rousse»
Olivier Beetschen
L’Age d’Homme, 220 p.

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