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Jacques Chessex, dix ans après

La commémoration de la mort de l’écrivain vaudois s’organise autour de ses fils. Aperçus.

François (à d.) et Jean Chessex œuvrent à la mémoire de leur père, à l'occasion des dix ans de son décès.
François (à d.) et Jean Chessex œuvrent à la mémoire de leur père, à l'occasion des dix ans de son décès.
FLORIAN CELLA

Le Lapin Vert se présentait comme le lieu idéal pour évoquer Jacques Chessex, au moment d’aborder l’année commémorant les 10 ans de sa mort, le 9 octobre 2009. Vendredi, c’est donc dans l’antre des Belletriens – société à laquelle on appartient «ad vitam aeternam» – que ses fils, Jean et François, livraient un aperçu des événements qui devraient ponctuer cet anniversaire, certes funèbre mais à fêter dignement.

Le lieu lausannois était idoine, puisque leur père y a déclamé des poèmes et joué du piano, mais la date tout autant, puisque l’écrivain vaudois aurait dû fêter ses 85 ans le 1er mars. «Il aurait pu se trouver parmi nous», déclarait avec émotion son fils François, président de la récente association Chessex19, créée pour agencer divers événements à la mémoire de l’auteur indéfectiblement associé au village de Ropraz.

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À demi-mot, on croit comprendre que les deux frères ont bien fait de prendre l’organisation en main, car la célébration ne semblait nulle part programmée. Du côté des publications, L’Aire réédite sous le titre «Dire la gloire et la menace» les chroniques que l’écrivain a livrées pendant presque deux ans à «L’Hebdo» où s’expriment avec verve ses éblouissements et, parfois, ses emportements. «L’homme n’était pas tiède, c’était aussi un polémiste et il a mis sa vie bouillante et passionnée au service de la littérature», commentait Michel Moret, directeur des éditions de Vevey.

Un blues inédit et délicat

Très actif dans les traductions – les plus récentes sont brésiliennes, roumaines, anglaises et allemandes – Grasset ne semblait pas décidé à marquer la date, mais, au final, un recueil de nouvelles partiellement inédites (12 sur 20, rédigées entre 1980 et 2004) pourrait voir le jour à la fin de l’année.

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Dans les fonds de tiroir, un texte dort pourtant, estampillé de la main du maître: «à ne jamais publier». «Le contenu de ce texte est délicat, détaille François Chessex. Il s’agit d’un long mantra blues, où le mot «nègre» apparaît quelque 700 fois! Le style, très New Orleans, est celui d’une complainte du bayou, mais nous craignons qu’il ne soit aujourd’hui pas très bien compris. Nous verrons.»

Pour la grande biographie ou, mieux encore, les œuvres complètes, il faudra encore attendre. La parution posthume de sa correspondance avec Jérôme Garcin («Fraternité secrète», 2012) n’a pour l’heure pas suscité d’autres vocations et les héritiers en profitent pour rappeler que les Archives littéraires suisses ne sont souvent en possession que des lettres reçues par l’écrivain. Merci à ceux qui posséderaient les siennes de le faire savoir!

Promenades académiques

À l’Université de Lausanne, une journée d’étude, dont le détail reste à préciser, est programmée le 17 mai. L’occasion académique de reconsidérer avec une érudition sourcilleuse la postérité du romancier et du poète qui a régné plusieurs décennies durant sur le monde des lettres romandes. Dans une perspective plus sensitive, des promenades littéraires seront aussi organisées et un banc de granit belge devrait bientôt ondoyer à Ropraz, à la mémoire de l’homme de lettres ancré dans son terroir.

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À la fin de l’été, l’espoir est grand de pouvoir visionner le film que Lionel Charlet et Jean Chessex avaient commencé de tourner une année avant la mort de l’écrivain féru d’esprit forestier qui assurait qu’«il y a des endroits où la pensée dialectique ne peut pas aller.»

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