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Laurence Boissier fait un joli «Safari» au quotidien

L’artiste genevoise renoue avec Bern ist überall pour une série de textes étonnés.

Laurence Boissier, artiste et écrivain touche-à-tout.
Laurence Boissier, artiste et écrivain touche-à-tout.
ODILE MEYLAN

Laurence Boissier est énervante d’élégance et de talent. Cette longiligne quinquagénaire genevoise traverse la vie avec une classe totale dont elle-même ne se rend pas compte, cultivant ses talents avec autant de dérision que d’obstination. Chez elle, la fausse modestie paraît si vraie qu’elle donne à croire la légende qu’elle raconte d’elle-même, ancienne du CICR par erreur, fonctionnaire sur un malentendu ou étudiante à l’HEAD par hasard.

Reste que l’ancienne architecte d’intérieur qui oubliait d’intégrer un escalier dans ses dessins a un style d’écriture bien à elle, qui mêle le dérisoire à l’humour délicat, qui s’attarde sur un détail insignifiant pour montrer son importance, peut-être, peut-être pas. Dans «Safari», la chasseuse d’images décline une série de courts textes écrits pour le collectif Bern ist überall où Antoine Jaccoud l’avait coopté. Prévus pour être lus sur scène, ils paraissent en édition bilingue français-berntütsch ce qui ajoute à l’incongruité de l’objet dont on ne peut que tomber amoureux.

Quand Laurence Boissier parle de ces salles de bains qui n’ont plus aucun relief, de la traque du pauvre panda qui se cherche une femelle pour se reproduire ou des plis de l’oreiller de son mari au réveil, elle touche, dans le fond, bien plus qu’à l’intime. Elle donne à vivre des quotidiens qui sont un peu les nôtres, dans leur absurdité qui fait penser que Buster Keaton est le créateur de nos vies.

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