Passer au contenu principal

Laurence Boissier raconte le deuil avec délicatesse et humour

L’écrivaine genevoise publie son premier roman, portrait d’une disparition dans le Genève des années 1970. Une réussite.

Laurence Boissier aime le dérisoire et l’humain.
Laurence Boissier aime le dérisoire et l’humain.
Corinne Stoll

Le titre du premier roman de Laurence Boissier est d’actualité, Rentrée des classes. Mais il commence en fait en 1972 et l’école n’est pas au centre de ce récit délicat. L’artiste multitâche aime d’habitude l’écriture courte, comme elle l’a fait, par exemple dans Inventaire des lieux, qui lui a valu un Prix suisse de littérature en 2015 ou au sein du collectif Bern is überall.

La cinquantaine passée, elle selance dans une fiction longue qui, en fait, accumule des chapitres courts, poétiques et humoristiques à la fois, pour mieux raconter la tristesse du deuil dans une Genève battue par la bise noir ou le joran, autres vrais personnages du roman.

Andrew, maître voilier gallois installé dans la rade, a «disparu» en mer. Sa femme Elise, sidérée, navigue dans la vie comme dans un rêve, s’accrochant à son travail dans un musée en perdition. Son fils Henry, en rupture d’école, s’occupe d’elle et de sa sœur Mathilde, qui passe sa vie enfermée dans son placard aménagé. Tout cela pourrait être sinistre s’il n’y avait la drôlerie et la tendresse de Laurence Boissier, reine de portraits délicats, comme ce directeur du musée très Vieille France, handicapé de la communication qui doit gérer le deuil d’Elise et celui de sa femme, qui a perdu son cheval. Ou la concierge italienne qui remet de la réalité dans ces vies hors du monde, un peu dérisoires mais si attachantes.

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.