La liberté viscérale du «Journal d’Anne Frank» inspire encore

LivreÉdité en version complète, le must de la littérature ado revit en BD et au théâtre.

Image: Anne Frank vue par Ari Folman et David Polonsky. DR

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«Chère Kitty»… Dans la tourmente d’Amsterdam en 1942-44, Anne Frank, alors 13 ans, est cloîtrée dans «l’Annexe» de l’immeuble du 263, Prinzengracht. La brunette espère trouver «un grand soutien» dans son amie imaginaire, sans savoir que ses confidences inspireront les générations futures. Et pas seulement les ados qui, en miroir, peuvent identifier dans la sincérité en vrac de cette héroïne improvisée les sensations propres à l’âge ingrat. Publié en 1949, le texte a connu plusieurs versions.

Pour répondre au désir de son père, Otto, la première édition fut expurgée de passages où la demoiselle parlait sexe. Puis des textes supplémentaires y ont été insérés en 1986 jusqu’à cette mouture définitive, augmentée de 25% selon l’Anne Frank Fonds de Bâle. Pas de révélations néanmoins, la puissance de l’ouvrage réside ailleurs, dans une inattendue délicatesse de femme enfant. La diariste part en quête de «l’Anne profonde» qui se cache derrière «Anne no 1» que ses proches connaissent. S’ajoutent bien sûr son identité juive et ses conséquences, la promiscuité obligée, les angoisses de la clandestinité.

Mais si l’antisémitisme gronde au dehors, provoque la disparition soudaine de ses amies, la petite hurle de terreur autant pour les rats qui envahissent sa chambrette qu’à la perspective des nazis derrière ses fenêtres. Comme toutes les ados, elle «bout de fureur» quand ses parents la tannent et qu’elle se sent une «grosse insupportable». Et comme toutes filles en fleur, Anne ronronne de contentement quand elle se sent amoureuse. Cette versatilité punchy cogne à toutes les entrées du journal.

Autre lecteur séduit, l’immense réalisateur Ari Folman donne un visage à la petite fille du siècle qui à 90 ans de distance, aurait pu côtoyer l’Esther du dessinateur Riad Sattouf. Reformant le duo de «Valse avec Bachir», l’Israélien s’associe à l’illustrateur David Polonsky pour faire crépiter le quotidien entre drame et espièglerie. Une invite à défricher le journal original, comme l’adaptation théâtrale de Geneviève Pasquier et Nicolas Rossier, reprise cet hiver à Vidy.

Créé: 18.06.2019, 19h51

Infos pratiques

«Le journal d’Anne Frank»
Version augmentée, trad. de Ph. Noble et I. Rosselin

Roman graphique d’Ari Folman et David Polonky.
Éditions Calmann Levy, 364 p. et 158 p.

Lausanne, Théâtre de Vidy

Du 28 novembre au 19 décembre
www.vidy.ch

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