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À lire avec la marmaille

Rien ne vaut un bon bouquin à partager pour découvrir le monde et apprendre à se connaître.

Hélène Druvert

C’est le beau documentaire par excellence. Le genre d’ouvrage qui attire autant l’enfant curieux de nature que l’adulte pour la qualité de ses textes et la magnifique mise en images des informations données. L’illustratrice et ingénieure papier Hélène Druvert réalise ici des rabats et des découpes laser extraordinaires pour montrer les différents états des océans, pas simplement pour faire joli, mais pour faciliter la compréhension des lecteurs. Pour expliquer la vie en fonction des profondeurs, elle nous propose ainsi de soulever différents rabats sous forme de vagues accumulées sur une page de droite. En soulevant tout à tour ces volets de papier aux différents tons de bleu, on découvre les habitants du rivage, puis ceux des eaux de surface, de la zone éclairée, de la zone crépusculaire, et puis ceux qui évoluent dans la zone sombre, là où vit le calamar géant qui fait la couverture de cet ouvrage, avant d’arriver dans la zone abyssale. Des solutions ingénieuses sont aussi apportées pour mettre en scène les textes très précis et accessibles d’Emmanuelle Grundmann, qui parlent de la marée, des coquillages ou du théâtre corallien. Et bien sûr du réchauffement climatique.

«Océan» Emmanuelle Grundmann et Hélène Druvert, 40 p, Éditions de La Martinière Jeunesse. Dès 7 ans

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«Aujourd’hui, je suis fier de donner à mon tour avec ces dessins un visage à François Lepic, le petit garçon qui a réalisé l’exploit de grandir avec le plus lourd fardeau du monde. Une mère sans amour.» Ainsi parle Ronan Badel, qui vient d’illustrer magnifiquement le fameux «Poil de carotte» de Jules Renard. Un roman poignant, en partie autobiographique, qui raconte l’histoire du petit dernier de la famille Lepic, que tout le monde surnomme ainsi à cause de ses cheveux roux et de ses taches de rousseur. Toutes les brimades, les injustices et les traitements dégradants dont l’enfant est victime au sein de sa famille auraient facilement pu le détruire. Mais le garçon, doté d’humour et d’une certaine philosophie, parvient malgré tout à garder le cap et même à se rebeller, contre toute attente. Dans cette édition de belle facture, le texte intégral est mis en page de manière aérée, afin de laisser des respirations bienvenues dans la lecture et faire place aux dessins. Ils sont entièrement couleur carotte, que des traits noirs viennent assombrir ou des taches blanches illuminer. Comme les états d’âme du jeune Lepic.

«Poil de Carotte» Jules Renard, illustré par Ronan Badel, Éditions Flammarion jeunesse, 160 p. Dès 11 ans

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Le comble du suspense Le Far West, un cow-boy, un Indien. Le duel peut commencer. Entre ces deux hommes, une rivière et un compte à régler. On ne sait pas lequel, eux-mêmes non plus d’ailleurs. S’ils le savaient, ils mettraient peut-être plus de cœur à l’ouvrage. Ils se défient mais se laissent distraire par tout ce qui peut arriver dans ce coin paumé: un nuage, un train ou un bison qui va bousculer les règles de ce duel. L’histoire est construite comme un western de cinéma, avec de longs plans-séquences. Elle s’étire sur une centaine de pages gorgées de couleurs et d’échanges assez cocasses. Cet album a été sacré «Pépite» du livre illustré au dernier Salon du livre jeunesse de Montreuil.

«Duel au soleil» Manuel Marsol, Éditions L’Agrume, 100 p. Dès 6 ans

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Cherche et trouve! Quand cinq éléphants entreprennent de faire le tour du monde avec tout leur barda sous le bras, on devrait pouvoir les repérer de loin. Or, dans ce grand album, c’est tout le contraire: les gros aventuriers sont plutôt noyés dans des scènes fourmillant de vie et de détails qui montrent les lieux où ils débarquent. Chaque étape de leur périple se déploie sur une double page, dans laquelle le regard plonge avec délices pour se perdre dans les rues de Rome, de New York ou de Tokyo. Le but de ce «cherche et trouve» éléphantesque est de repérer les cinq complices dans ces villes trépidantes, voire même au fond de l’Amazonie, et, en passant, d’en savoir un peu plus, mais pas trop, sur ces destinations.

«Trompissime» Guillaume Cornet, Éditions de La Martinière jeunesse, 48 p. Dès 6 ans

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La route des hérissons Est-ce un conte initiatique, philosophique ou une simple balade au fil de l’eau? Difficile de le savoir, tant l’univers de la talentueuse Anne Herbauts est énigmatique et prêt à diverses interprétations. «Les grands regardaient à la fenêtre. Ils disaient, «il va pleuvoir»… Alors Nils et Nour décident de remonter la rivière avant que la pluie les enferme.» Les deux petits hérissons qui décident de prendre leur destin en main et de s’aventurer sur l’eau peuvent aussi bien évoquer des enfants qui s’émancipent ou des migrants qui se mettent à l’abri pour fuir le danger. Qu’importe au fond. Les images sont si expressives et les mots si chantants que chacun peut s’inventer sa propre histoire.

«Il va pleuvoir» Anne Herbauts, Éditions Casterman, 32 p. Dès 4 ans

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L’amitié se construit Un petit garçon solitaire rêve d’avoir, un jour, un ami avec qui jouer. Le meilleur ami qui soit, avec lequel il pourrait tout entreprendre, avec qui il serait en confiance. Il y a bien un ours qui rôde au loin. Un grand ours bleu, timide et maladroit. Mais ce n’est pas l’ami qu’il veut avoir! Et puis un jour, le garçon voit danser sur un étang un petit bateau avec un mot qui invite au dialogue. C’est le signe de l’ami tant espéré, se dit l’enfant. Or l’auteur de ces mots n’est autre que le grand pataud, qui ne répond pas à ses attentes. Alors que le petit homme se désespère d’avoir pareil compagnon qui ne sait rien faire comme les autres, l’ours invente d’autres jeux et se révélera vite indispensable. Comme un vrai ami!

«Le garçon et l’ours» Tracey Corderoy et Sarah Massini, Éditions Père Castor, 32 p. Dès 4 ans

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