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Sans mal de tête, Joann Sfar invite sa copine Aspirine au bal des vampires

Le Niçois dédie un album à sa vieille amie, une gamine de 17 ans aux longues dents, le vampire Aspirine.

Chevelure incandescente et menton triangulaire, pupilles félines incisives, Miss Aspirine appartient sans conteste aux conquêtes féminines de Joann Sfar. L’artiste l’avait déjà croquée en guest star dans plusieurs albums, de «Grand vampire» à «L’homme-arbre». Le Niçois prolifique, cinéaste à ses heures, lui promet même un film. Lui qui semble sucer une infinie inspiration à la veine des génies les plus hétéroclites, cite Melody Nelson, Sartre ou Simone de Beauvoir pour définir l’amplitude de son héroïne rouquine.

Cette demoiselle habite depuis trois siècles dans un riche appartement parisien avec sa sœur Josacine. Fan de Zappa, la punkette ne dort pas dans un cercueil mais boulotte avec gourmandise les cœurs des garçons imprudents. Étudiante à la Sorbonne, elle enrage d’être bloquée à 17 ans, dans une crise d’adolescence pourrie, au contraire de son aînée sublime. De quoi s’aiguiser les dents et les nerfs sur tout ce qui passe. Yidgor, un ado bigleux et paumé qui se réfugie dans les légendes, percera son secret, entreprenant de devenir son ami. Voilà pour l’histoire, prétexte à digressions multiples.

À 47 ans, Joann Sfarr, fameux pour sa série «Le chat du Rabbin», pose plus que jamais en créateur imprévisible qui un jour se passionne pour Dalí ou Bonnard, un autre, récolte des Césars pour «Gainsbourg, vie héroïque», illustre des classiques de la philosophie, Voltaire et Platon, ou joue de l’ukulélé avec le groupe Dionysos. À la rentrée, le prolifique sort un nouveau roman, «Modèle vivant», où il raconte l’histoire d’un professeur des Beaux-Arts aux prises avec des attaques de harcèlement sexuel. L’homme en question s’appelle… Joann Sfar. Ou quand ses propres interrogations professionnelles deviennent son fonds de commerce.

Dans cette œuvre polymorphe, «Aspirine» pourrait relever de l’anecdote. Pourtant, cette guerrière enragée qui persifle avec intelligence dans le débat philosophique ou ruse dans les jeux de rôle, ne déçoit pas les aficionados de Sfar. Entre sexe voluptueux et humour sardonique, le pire s’y évite d’une pirouette. La griffe d’un incorrigible touche-à-tout.

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