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Manu Larcenet se moque de la page blanche avec «Thérapie de groupe»

La nouvelle série se joue de la vie de l’auteur, qu'il représente en star en panne d’inspiration.

Une des nombreuses interviews avec Jean-Jacques.
Une des nombreuses interviews avec Jean-Jacques.
Dargaud

A 50 ans, Manu Larcenet continue une œuvre atypique dans la BD française. Fan de Druillet comme de Gotlib ou de Fred, il livre des séries au genre divers, mais qui distillent toujours un fond de désenchantement qu’habille plus ou moins d’humour. Dans «Blast», multirécompensé, on ne rit pas du tout de cette Grande Carcasse, tueur en série en désastre psychique raconté en noir et blanc. Par contre, on s’est beaucoup amusé des six volumes du «Retour à la terre» qui s’inspirait du déménagement à la campagne de l’auteur. On a souri avec le Marco du «Combat ordinaire», photographe qui cherchait sa place dans un monde toujours plus déshumanisé.

Voilà le bédéaste français qui lance une nouvelle aventure en cette nouvelle décennie, avec évidemment la créativité qui est la sienne. Et, justement, tout tourne autour de ladite créativité. Le héros de «Thérapie de groupe», Jean-Eudes de Cageot Goujon, alias Manu Larcenet, est un auteur de BD au sommet de sa gloire. Mais il ne trouve plus d’idées, il est sec. Appelant à son secours aussi bien la pharmacie que Leonard de Vinci, Dieu, Cézanne ou les mangas, Larcenet (le vrai) s’amuse beaucoup à livrer de petites histoires courtes en de multiples styles, qui témoignent du désarroi de Larcenet (le héros).

Face à Jean-Jacques, le journaliste qui ne cesse de l’interviewer à la radio, le dessinateur discute philosophie et suicide tout en restant très drôle, de cet humour un peu désespéré qui transcende les histoires du vrai Larcenet. Mais il pose aussi de vraies questions sur l’inspiration artistique, sur le travail du créateur et sur la finalité de l’œuvre en général. Depuis l’homme préhistorique qui dessinait des mammouths laineux avec réalisme sur les murs de sa grotte au plafond de la chapelle Sixtine voulu par Leonard, comment naît réellement l’art.

On se réjouit déjà de découvrir dans les prochains tomes la suite de la réflexion de l’auteur dépressif mais rigolo.

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