Passer au contenu principal

A Montricher, les auteurs entrent en cabane

La Fondation Jan Michalski ouvre ses résidences ce mardi, après huit ans de travaux. Visite guidée.

La Fondation Jan Michalski a inauguré ses résidences destinées à l'écriture. Visite de lieux.<br>Vidéo:Natacha Rossel

Vera Michalski est toujours aussi discrète, mais elle l’avoue: «C’est l’aboutissement d’un long projet et un moment d’émotion.» La mécène vaudoise a fêté lundi soir les 30 ans des Editions Noir sur Blanc, qu’elle avait créés avec son mari Jan pour créer des passerelles entre les littératures de l’Est et de l’Ouest. Mardi midi, elle recevait ses invités à Montricher pour leur faire visiter ces huit cabanes d’écrivains qui s’ouvrent ce mercredi aux premiers auteurs sélectionnés (lire ci-contre). Tout, ici, est à la hauteur de l’ambition artistique et de l’amour de l’écrit qui habitent l’héritière Hoffmann. Et porte haut la mémoire de son mari, décédé en 2002, et dont la fondation s’est lancée deux ans plus tard.

Il a fallu de l’obstination pour transformer en réalité ce rêve d’une cité où auteurs et lecteurs pourraient se rencontrer et échanger. De la première pierre posée en 2009 sur ce qui était une colonie de vacances à cet ensemble moderne qui inspire sous la canopée, il a fallu s’adapter à beaucoup de contraintes administratives et légales, mais aussi à des soucis techniques. Comment, par exemple, faire s’écouler l’eau de ces cabanes suspendues sur leurs arbres en béton? Mais qu’importe les soucis, les tensions entre créateurs, Vera Michalski, mardi, célébrait «la place centrale de notre dispositif qui se déploie enfin».

«Ces cabanes sont la place centrale de notre dispositif qui se déploie enfin»

Car ce sont bien les résidents qui créeront la raison d’être de ce lieu ouvert au public, qui offre aussi cette inspirante bibliothèque sur cinq niveaux (60'000 livres dans leur langue d’origine), cet espace d’exposition (une dizaine depuis 2014) et cet auditorium de 100 places où les activités se multiplient (40 l’an dernier). «Les résidents pourront évidemment utiliser ces installations comme ils le souhaitent, faire une lecture publique, organiser une exposition dans la bibliothèque. Comme ils pourront aussi rester concentrés dans leur cabane», explique Aurélie Baudrier, responsable de la communication.

Ces résidences, donc, imaginées comme des cabanes dans les arbres, ont toutes été dessinées par des architectes différents (ndlr: Bonnet, Décosterd, Fuhrimann-Hächler, Mangeat-Wahlen, MK27, Rointale-Eggertsson, Schaub-Zwicky et Elemental). «Quand nous avons créé l’espace, se rappelle Vincent Mangeat, nous avons agi comme des urbanistes qui dessinent la ville mais laissent la liberté à ceux qui y construisent une maison.» Lui-même, avec son associé Pierre Wahlen, en a réalisé une, la plus petite, toute de métal et de verre, dans une vision presque monacale de l’écriture.

A Montricher, la Fondation Jan Michalski a inauguré ce mardi huit cabanes suspendues (toutes différentes) dans les « arbres » en béton de la Maison de l'écriture.
A Montricher, la Fondation Jan Michalski a inauguré ce mardi huit cabanes suspendues (toutes différentes) dans les « arbres » en béton de la Maison de l'écriture.
PATRICK MARTIN
Les Zurichois Andreas Fuhrimann et Gabrielle Hächler ont misé tant sur la vue que sur l'économie de moyens.
Les Zurichois Andreas Fuhrimann et Gabrielle Hächler ont misé tant sur la vue que sur l'économie de moyens.
PATRICK MARTIN
Le jour de l'inauguration, les visiteurs ont pu imprégner de la sérénité du site.
Le jour de l'inauguration, les visiteurs ont pu imprégner de la sérénité du site.
PATRICK MARTIN
1 / 27

D’autres, comme les Norvégiens Rintale-Eggertsson, offrent un espace luxueux, boisé, étagé et lumineux. Deux des sept cabanes de résidence voient en l’écrivain un alpiniste grimpant des escaliers escarpés. Les Zurichois Schaub-Zwicky ont dû, au contraire, imaginer un espace accessible aux personnes à mobilité réduite. Tous ont dû s’adapter aux mêmes contraintes: la cabane doit offrir une salle de bains, une kitchenette, un lit, un coin salon et un bureau. Et tous ont dû travailler les mêmes matériaux pour garder l’harmonie, bois d’accoya, métal non brillant ou verre.

Un sentiment de calme et de luxe habite le site. A côté des sept résidences, une cabane communautaire permettra aux invités (auteurs, traducteurs, photographes...) de se rencontrer, d’échanger et de créer. Car c’est bien la mission première de ce lieu hors du commun.

Trentaine d'écrivains retenus

Pour y être admis, les candidats, novices ou confirmés, publiés ou non, doivent présenter leur projet à un jury d'experts présidé par Vera Michalski elle-même. Près de 900 dossiers ont été examinés en 2016, dont 29 ont été retenus pour un séjour à Montricher. Les écrivains invités reçoivent en outre le voyage aller-retour depuis leur domicile, les repas et une allocation mensuelle de 1200 francs. Ils doivent réaliser un projet précis durant leur séjour.

Les candidats à la prochaine année peuvent présenter leur dossier du 1er mai au 14 juillet 2017 sur le site de la fondation.

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.