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Néjib va se promener en historien d’art du côté de chez «Swan»

Après «Stupor mundi», le Parisien de Tunis explore l’impressionnisme.

Sûr que Néjib, s’il avait vécu au XXe s. aurait été recalé par les huiles suintant l’académisme et aurait exposé avec Édouard Manet au Salon des Refusés, en 1863. Le bédéaste achève d’ailleurs «Le buveur d’absinthe», premier volume de la trilogie «Swan», sur cet épisode de l’épopée impressionniste. Alors que la BD produit désormais nombre de vies de peintres et autres illustres artistes sur un mode souvent ampoulé, le Parisien de Tunis déboulonne les monuments.

Comme en rébellion à sa propre expérience formatée aux Arts déco à Paris, Néjib ne cherche pas à imiter les maîtres. Son style garde le peps de «Stupor mundi», primé à Angoulême, quand il confrontait l’obscurantisme moyenâgeux à l’invention de la photographie. Une même audace préside ici. Déjà que dans le Paris haussmannien de 1859, il prend pour guide Swan, une peintre américaine.

Plus moderne que les donzelles qui peignent pour flirter au Louvre ou servent de modèles en se rêvant futures épouses, l’émancipée couvre aussi l’homosexualité de son «frère», Scott. À cette croquignolesque comédie de mœurs, «Le buveur d’absinthe» substitue bientôt un tableau d’époque. Là, le trait cingle, cernant les arrivistes, médiocres et autres candidats au prix de Rome, le trophée suprême. Sans jamais caricaturer, Néjib cerne ces individualités féroces et fières qui pourtant, se lieront dans le mouvement impressionniste. Rien que le duo du misanthrope Degas et du fortuné Manet passionne dans sa complexité.

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