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Payot ferme son service d'envoi en ligne

Le libraire romand avait tenté le pari de muscler sa vente par Internet. Face aux difficultés de la tâche, il abdique.

Pascal Vandenberghe, directeur de Payot
Pascal Vandenberghe, directeur de Payot
LUCIEN FORTUNATI

Un produit de première nécessité, le livre? Fort de cette certitude, le directeur de Payot, Pascal Vandenberghe, déployait mercredi dernier dans l’urgence une stratégie musclée de vente en ligne et prévoyait d’écouler jusqu’à 3000 «paniers» (des ensembles de commandes) par jour – au lieu des 500 en moyenne enregistrés sur payot. ch. «La gratuité des envois postaux est garantie chez nous depuis dix ans», précisait-il.

Mais voilà que vendredi à 16 heures, Pascal Vandenberghe jetait l’éponge. Dans un communiqué, il annonçait: «En raison du Covid-19 […], la vente en ligne sur notre site payot.ch est temporairement suspendue.» Raisons invoquées: trop de commandes, trop de gens à faire travailler ensemble sur les 2000 m2 du magasin lausannois de la place Pépinet, garanties sanitaires insuffisantes. Ce n’est pas tout: «Par ailleurs, ajoute le patron de Payot, nos fournisseurs – éditeurs, diffuseurs et distributeurs – diminuent ou cessent temporairement leur activité, ce qui rend le réassortiment des livres impossible, et La Poste suisse est complètement engorgée. Nous ne sommes plus en mesure d’offrir à nos clients le niveau de service auquel ils sont habitués et que nous leur devons.» Il précise toutefois que les commandes enregistrées jusqu’à 18h jeudi seront traitées dans les prochains jours.

«Personne ne peut supporter un tel choc»

«L’économie du livre est à flux tendu. Selon moi, personne ne peut supporter un tel choc», déclarait jeudi Caroline Coutau, pilote des Éditions Zoé. Les éditeurs, en effet, ne sont pas mieux lotis que les libraires, qui règlent leurs factures deux ou trois mois après que l’éditeur leur a expédié les ouvrages. Quant à la concurrence d’Amazon pour les libraires genevois, Caroline Coutau souligne à quel point le mastodonte est engorgé en ce moment. «Le livre n’est clairement pas sa priorité, c’est la parapharmacie.»

Quelques librairies romandes continuent l'envoi à petit flot de livres pour leur clientèle: librairie Baobab, Vieux-Comté, La Liseuse, Librophoros, La Fontaine et sur le site de la joie de lire. A tester au cas par cas, chaque jour apportant son lot de fermeture.

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