Pierre Crevoisier a le goût des mots rares

NouvellesLe baroudeur et chroniqueur radiophonique prévôtois sait aussi ficeler des histoires brèves.

Pierre Crevoisier livre treize petits bijoux.

Pierre Crevoisier livre treize petits bijoux. Image: Florian Cella

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Sa voix modulée est devenue familière aux auditeurs d’Espace 2 qui en écoutent les matinales, mais ce natif de Delémont, qui a «fait carrière» sur l’arc lémanique, aime de plus en plus écrire. En 2013, Pierre Crevoisier se révélait pour la première fois romancier avec Elle portait un manteau rouge, déjà épuisé. Avant la fin de cette année, il publiera un deuxième roman, mystérieusement intitulé Le pas de l’éléphant, cette fois chez Slatkine, à Genève. En attendant, il signe chez le même un surprenant recueil de treize «histoires brèves, irréelles ou humaines», pour tromper peut-être la faim de fidèles lecteurs impatients, ou des exercices intermédiaires pour ne pas perdre la main. Or ce sont de petits hors-d’œuvre délicatement assaisonnés, savoureusement amers quand le désabusement s’exprime en fragrances. Peut-être un zeste trop sucrés pour qui n’aime pas les romances où l’on pleure quand il pleut.

Des mots-valises juvéniles

Quelques-unes de ces nouvelles de Pierre Crevoiser avaient déjà paru dans des journaux ou périodiques, et avaient obtenu des prix littéraires. Notamment la première, celle de L’homme sans nez, où l’on apprend à écouter des odeurs et à manger une tarte aux abricots. Mais c’est au huitième récit que va notre préférence, plus gastronomique encore, car ses fruits les plus goûteux sont des mots. Des expressions françaises d’autant plus rares qu’elles ont été inventées. Elle s’intitule Le voyage en Océgon, et l’auteur se fait un honneur affectueux de préciser qu’il a été imaginé avec son fils Maxime, qui en devient le protagoniste essentiel. Dans le contexte ferroviaire, au début d’un été très chaud, on entend des airs d’accordéon qui invitent le fiston à une somnolence onirique, d’où s’élèvent des mots-valises juvéniles et des spontanéités langagières: «C’est un hélicollule, l’enfant d’un hélicoptère et d’une libellule.» «Un phare et un dromadaire, ça donne un pharadaire». «Une voilinelle, c’est quand un voilier croise une coccinelle.» Et au croisement d’une montagne, une abeille se métamorphose en une «montabeille». (24 heures)

Créé: 02.03.2016, 10h27

Le livre

«Mes trous de mémoire»
Pierre Crevoisier
Slatkine, 102 p.

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