Le «rabatteur» Philippe Garnier vient parler auteurs américains à Montricher

LittératureLe journaliste, auteur et traducteur est attendu ce jeudi à la Fondation Jan Michalski pour une intervention. Coup de fil

Après avoir beaucoup exploré le rock et le punk américain, Philippe Garnier a aussi miné la littérature US avant de devenir un spécialiste des coulisses du cinéma hollywoodien.

Après avoir beaucoup exploré le rock et le punk américain, Philippe Garnier a aussi miné la littérature US avant de devenir un spécialiste des coulisses du cinéma hollywoodien. Image: DR

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A 68 ans, il a délaissé le rock pour d’autres passions, principalement le cinéma, mais Philippe Garnier, ancien de Rock & Folk et pigiste de Libération, n’a pas oublié la littérature. Chercheur d’or dans les marges américaines, le Français longtemps basé sur Sunset Boulevard, à Los Angeles, s’est aussi beaucoup évertué à faire connaître – et à traduire – les écrits des outsiders du pays de l’Oncle Sam. C’est bien à ce titre qu’il est invité à parler ce soir par la Fondation Jan Michalski de Montricher.

«Je me bats là où je peux. Donc dans les marges et dans l’Amérique profonde, confirme cet érudit des souterrains de la culture. Dans mon rôle de rabatteur, je ne peux pas me mettre sur les rangs des grosses machines new-yorkaises: tous les agents et les éditeurs français sont déjà sur le coup.» Au fil des ans, ce spécialiste des obscurs a inscrit de belles découvertes à son palmarès.

Promoteur de John Fante

Il a attiré l’attention sur le Vagabonds de la faim complètement oublié de Tom Kromer, traduit le seul livre de James Ross, sous le titre Une poire pour la soif – «la traduction dont je suis le plus fier» – ou les premières nouvelles de Donald Ray Pollock, réunies dans le recueil Knockemstiff. «Une voix spéciale, même si ça s’est un peu gâté avec ses romans ensuite.» John Fante reste pourtant l’auteur qu’il est le plus heureux d’avoir fait découvrir en France. «Après un article, il a été acheté, publié et s’est beaucoup vendu, même si le soufflé est maintenant un peu retombé.» Philippe Garnier aurait pu le rencontrer, il a renoncé. «Il était déjà aveugle et cul-de-jatte, cela me déprimait. Bukowski y est allé, je crois qu’il a regretté.»

Ce chasseur d’écrivains atypiques – il en a réuni quelques-uns dans son ouvrage Maquis – se réjouit quand sa persévérance aboutit à une publication. «L’important est que le bouquin existe, après je m’en fous.» Certains développements récents le chagrinent tout de même: «L’éditeur Gallmeister a fait refaire une traduction du Dernier Baiser de James Crumley. La mienne était pourtant un manifeste. J’avais crucifié la précédente dans un article incendiaire de Libé avec tous les excès et la vulgarité pour lesquels je suis connu… J’avais voulu montrer que j’étais capable de faire mieux.»

La traduction tire la langue

Celui qui avait aussi traduit Bukowski n’est d’ailleurs pas convaincu par les dernières tendances en matière de passage d’une langue à une autre. «Dans mon temps, on n’était pas parfait, on utilisait parfois le présent de narration à la place du passé composé dans des moments d’action. Mais c’est un temps sans tension, de journaliste, un style de feignant donc, je suis bien placé pour le savoir! Depuis, j’ai souvent vu des livres entièrement au présent… et aujourd’hui, c’est encore pire: lisez les bouquins d’Elena Ferrante qui se déroulent dans des quartiers populaires de Naples et, en français, vous y lirez des passés simples: «nous prîmes»! Peut-être que les éditeurs pensent qu’il n’y a plus que des bourges qui lisent.»

Il ne lui reste plus qu’à vérifier la chose avec le public qu’il va attirer ce jeudi à Montricher… «Je ne sais pas trop ce que je vais faire, mais, si l’ennui s’installe, je pourrais toujours m’en sortir en leur racontant quelques anecdotes sur Robert Mitchum!»

Créé: 03.05.2017, 21h11

Infobox

Montricher, Fondation Jan Michalski
Je 4 mai (19 h). Entrée libre.
Rés.: garnier@fondation-janmichalski.ch
Rens.: 021 864 01 01.
www.fondation-janmichalski.com

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