Savoir se reproduire sans pouvoir bouger

Nature«La Salamandre» publie son premier livre, un superbe travail qui plonge dans les mystères, les secrets et les trucs des plantes pour se féconder.

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Cela fait 135 millions d’années que les premières plantes à fleurs ont émergé sur Terre, pendant le Crétacé. Et, depuis, elles n’ont cessé d'évoluer pour résoudre ce délicat problème: leur reproduction.

Comment en effet féconder et être fécondées quand on a les racines plantées dans le sol? C’est là tout l’intérêt du livre que publie le magazine La Salamandre, une première pour l’équipe de Julien Perrot, qui la présentera à l'occasion de son festival à Morges la semaine prochaine.

Le fondateur du magazine dédié à la nature a mandaté deux auteurs pour ce projet. Le photographe Stéphane Hette est connu pour ses photos macro de nature sur fond blanc. Il prévoyait déjà de collaborer pour un livre sur les plantes à fleurs avec le botaniste Frédéric Hendoux. La proposition de Julien Perrot est donc arrivée à point nommé. «On voulait montrer que les plantes sont également des êtres vivants. Et, même si elles ne bougent pas, elles ont des interactions avec le reste de la nature», dit ce dernier.

Deux solutions pour se reproduire

Pour transporter son pollen ou ses graines, l’arbre (et les plantes en général) a deux types de solution. L’une passe par les animaux (insectes, oiseaux, etc.) et l’autre par le vent. Chacune a ses avantages et ses inconvénients.

La première nécessite de séduire l’animal pour qu’il vienne vers l’arbre, tout en étant en compétition avec d’autres arbres de la même espèce, ou d’une autre. Au cours de ces millions d'années, il a donc fallu s’adapter lentement mais sûrement à la faune, en développant des fleurs aux couleurs variées, au parfum appétissant, à la forme adaptée, des protections pour son précieux pollen ou ses graines. Ce qui est surtout vrai aux latitudes équatoriales – où les insectes et les oiseaux sont nombreux – devient problématique plus on monte vers le nord.

Les plantes se sont ici adaptées pour être disséminées par le vent, ce qui nécessite de leur part une production beaucoup plus importante de pollen, puisque la chance de réussite d’une fécondation est terriblement plus aléatoire. Ici, donc, les fleurs ou les fruits restent verts, sans éclat particulier.

«En fait, ce sont des coévolutions de la faune et de la flore depuis toujours et qui continuent. Nous avons une photographie aujourd'hui à un moment donné d’un très long film où il n’y a pas d’évolution brusque.»

Des arbres de nos contrées

Les deux auteurs ont sélectionné une série d’arbres qu’on trouve dans nos contrées pour décrypter leur reproduction. Ils ont choisi de suivre un ordre annuel, depuis le noisetier qui œuvre dès janvier jusqu’à la clématite des haies qui attend septembre. «Nous voulions montrer les différents modes de reproduction, avec des arbres souvent connus de notre public, largement répandus, sauvages, mais qui ne soient pas non plus trop compliqués d’accès pour nous, comme le mélèze par exemple.» Les deux Français coupaient en effet des rameaux des arbres choisis pour les ramener dans le studio de Stéphane Hette où ils étaient nettoyés avant d’être pris en photo.

Frédéric Hendoux est inquiet pour l’avenir: «Ceux qui ne sont pas inquiets sont des inconscients. La nature sera toujours présente si l’homme disparaît. Mais les transitions dans la nature se font très lentement. S'adapter à un environnement que l’homme modifie de plus en plus et de plus en plus vite est fatal à beaucoup d'espèces animales ou végétales. Surtout, beaucoup d’entre elles régressent terriblement. Comme les moineaux, cavernicoles à la base, qui se sont adaptés pour vivre dans nos constructions et qui, déjà, ne peuvent plus y faire leur nid. Il y en a cent fois moins qu’avant.»

(24 heures)

Créé: 14.10.2017, 20h47

Pratique

«Les arbres amoureux»
de Frédéric Hendoux, textes, et Stéphane Hette, photos. Préface de Francis Hallé.
Ed. La Salamandre, 144 p.



Les deux auteurs seront présents au Festival La Salamandre à Beausobre, à Morges, du 20 au 22 octobre.
www.festival-salamandre.net

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