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Souvenirs familiaux d’un pied-noir frigorifié

Jean-Marie Blas de Roblès livre l’un de ses romans les plus personnels. Critique.

Jean-Marie Blas de Roblès, un auteur imaginatif aux limites du fantasque qui remonte les souvenirs familiaux dans son dernier roman, «Dans l'épaisseur de la chair».
Jean-Marie Blas de Roblès, un auteur imaginatif aux limites du fantasque qui remonte les souvenirs familiaux dans son dernier roman, «Dans l'épaisseur de la chair».
Mastas/Leemage/Ed.Zulma

Souvent réduits au sentiment d’avoir été trahis par de Gaulle, les pieds-noirs de l’Algérie française méritent mieux que cette étiquette pleine de ressentiment. De manière inattendue au regard de ses précédents récits, fantasques et historiques (Là où les tigres sont chez eux, Prix Médicis 2008), l’écrivain Jean-Marie Blas de Roblès s’est attelé à la tâche dans son dernier roman, un Dans l’épaisseur de la chair à la tessiture très personnelle. Car, sous couvert de fiction, il est impossible de ne pas lire, dans cette petite saga familiale, l’évocation de ses origines.

La forme que prend cette généalogie rapidement focalisée sur la figure du père du narrateur relève du procédé original, insufflant un suspense inattendu à sa remémoration: le matin de la veillée de Noël, le pauvre se retrouve à la mer, incapable de remonter sur le bateau de pêche paternel. L’eau est froide mais, malgré tous ses efforts, il ne parvient pas à remettre les pieds sur l’embarcation. Commence alors le délire flottant d’un frigorifié se réfugiant dans la légende et l’histoire de sa famille d’origine espagnole en Algérie française. Cette astuce rend la lecture inquiétante, quêtant l’issue de ce plongeon accidentel.

Mais le récit vaut surtout par la reconstitution d’une époque, qui s’invite dans le bistrot d’un aïeul de Sidi Bel Abbès. La violence politique française ne commence pas avec de Gaulle, surtout quand on est Espagnol. Et ce récit généreux et émouvant, mais plein d’enseignements, file dans les senteurs du sud d’un paradis perdu, avant de passer par la Seconde Guerre, où sont engagés de nombreux ressortissants du Maghreb. Ensuite, plus rien ne sera pareil, et la Méditerranée finira par prendre une température moins agréable.

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