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William Finnegan surfe sur le Prix Pulitzer

Le très sérieux éditorialiste américain s’est vu consacré pour «Jours barbares» et sa passion de la vague.

William Finnegan dans ses œuvres, à Java en 1979. DR
William Finnegan dans ses œuvres, à Java en 1979. DR

De son propre aveu, William Finnegan mène une double vie, «accro» au surf depuis une adolescence à Hawaï et en Californie. Grand reporter au New Yorker, expert des conflits bouillants de la planète, l’éditorialiste, 66 ans dont cinq décennies à «chasser la vague», a sans doute mesuré le paradoxe. En 2016, le journaliste a reçu le prestigieux Pulitzer, non pour ses brillants reportages, mais pour «Jours barbares» qui conte un hobby pratiqué parfois en cachette.

Avec la verve d’un Paul Théroux, l’acuité d’un Nicolas Bouvier ou le nomadisme d’un Kerouac, ces Mémoires tracent l’ample sillage d’une véritable addiction vécue de l’Australie à l’Indonésie, aux Fidji, Tahiti etc. Ou même dans les eaux moins exotiques de Long Island, à un jet de métro de son bureau de Manhattan. En toxico des «spots», William Finnegan détaille le trip angoissé du drogué, anxieux de sa prochaine touche dès qu’il se déplace à l’étranger, toujours insatisfait.

À 20 ans, le surfeur s’enivrait à vivre à moitié nu, campant sur la plage à guetter l’onde magique. Les piqûres d’oursin, les éraflures sur les rochers jusqu’au nez cassé et autres tympans infectés ne dissiperont jamais la pure hypnose de la vague. Même si elle cogne «comme des trains de marchandises qui entrent en collision». Quand le flot s’entrouvre sur «le grand trou mystique», tel «l’iris de l’objectif d’une caméra», la logique terrestre s’efface. Éloge de la fuite, loin du folklore Beach Boys, «Jours barbares» invite alors à plonger dans une expérience aussi charnelle que spirituelle.

Et tant pis quand l’humeur de l’auteur se teinte de nostalgie pour une ère révolue, le chemin demeure, tendu vers l’horizon. Sa religion.

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