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Constantin Macherel vibre pour les sonorités graves

Le violoncelliste lausannois publie un premier disque aux couleurs chatoyantes. Il évoque aussi ses compositions.

Constantin Macherel joue sur un instrument anglais de Joseph Hill de 1765, qui lui a été offert par un mécène.
Constantin Macherel joue sur un instrument anglais de Joseph Hill de 1765, qui lui a été offert par un mécène.
FLORIAN CELLA

«Il y avait en permanence de la musique à la maison. On écoutait beaucoup de symphonies, et Glenn Gould dans «L’art de la fugue» de Bach.» Constantin Macherel est tombé très tôt dans la marmite classique, et pour cause: son père est hautboïste et ostéopathe, sa mère, Emmanuelle Goffart, est professeure de violoncelle au Conservatoire de Lausanne, et sa sœur Héléna a choisi la flûte traversière; elle se perfectionne en ce moment à la Julliard School de New York. À 6 ans, Constantin hésitait entre le basson et le violoncelle: «J’aime depuis toujours les sonorités graves.» Après un cursus entamé à Lausanne chez Marc Jaermann et Susan Rybicki-Varga, le Vaudois a passé chez Ivan Monighetti, à Bâle, puis chez Rafael Wallfisch, à Zurich.

Ce parcours a priori très helvétique, Constantin Macherel le teinte d’une empreinte russe très forte, à laquelle il s’est identifié très tôt: «À 11 ans, j’ai découvert le «Sacre du printemps» de Stravinski et j’ai été immédiatement fasciné par cette musique. Je me souviens encore de ces trois semaines d’attente avant de recevoir la partition du «Sacre» que mes parents avaient commandée. La première fois que je l’ai entendu, c’était à Lausanne avec l’OSR en 2003.» De fil en aiguille, le mélomane se prend de passion pour la musique, la culture et la langue russe, qu’il apprend en autodidacte.

«À 11 ans, j’ai découvert le «Sacre du printemps» de Stravinski et j’ai été immédiatement fasciné par cette musique»

C’est donc tout naturellement qu’il s’était inscrit pour un échange Erasmus avec le Conservatoire de Saint-Pétersbourg, mais ce projet est tombé à l’eau car la Russie ne faisait pas partie des pays concernés. «Cette déception s’est finalement transformée en chance, car j’ai pu entrer dans la classe très russophone d’Ivan Monighetti, à Bâle, le dernier élève de Mstislav Rostropovitch. Il donnait souvent ses cours à domicile. Il avait gardé cette exigence de l’école soviétique. Le maître nous recevait chez lui, dans sa cave non chauffée. Il testait notre résistance et brusquait nos idées. Il y avait quelque chose d’initiatique.»

L’amour de la musique russe est certainement aussi à l’origine de son goût pour la composition, qu’il étudie en parallèle à l’instrument, en particulier chez Georg Friedrich Haas, à Bâle. «Sa musique spectrale est assez éloignée de mon style, mais elle me fascine complètement. En ce moment, j’écris un concerto pour violoncelle, trois bassons, trois contrebassons et xylophone.» Le grave et l’aigu.

Chez Rafael Wallfisch, Constantin Macherel explore une autre filiation russe, le violoncelliste anglais ayant été l’élève de Gregor Piatigorsky. Ayant reçu l’opportunité d’enregistrer un disque, le Lausannois aurait eu envie de se lancer immédiatement dans un récital de musique russe du XXe siècle, mais son professeur l’en a dissuadé: «Wallfisch m’a conseillé d’aborder un répertoire plus facile d’accès, mais dans lequel je pouvais apporter ma vision personnelle. J’ai composé les cadences du concerto de Boccherini. Avec Franchomme et Servais, j’ai envie de faire découvrir des œuvres moins jouées que les concertos de Haydn ou Dvorák, et qui ont aussi un sens profond, même si le drame n’y est pas mis en avant.»

À 28 ans, Constantin Macherel donne l’impression d’avoir établi les fondements de son art, partagé entre interprétation et écriture. «J’aime rechercher, comprendre, creuser. Et faire partager mes recherches.»

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