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Marc-Aurèle joue les «guest stars» au Palais de Rumine

Le célèbre buste en or de l’empereur romain est présenté au public pour la première fois depuis 2006 dans l’expo «Cosmos».

Le public peut admirer le buste en or de Marc-Aurèle dans l'exposition «Cosmos» au Palais de Rumine, jusqu'au 6 janvier 2019.
Le public peut admirer le buste en or de Marc-Aurèle dans l'exposition «Cosmos» au Palais de Rumine, jusqu'au 6 janvier 2019.
MCAH

Sa découverte, un jour d’avril 1939 dans une canalisation du sanctuaire du Cigognier, à Avenches, avait rayonné au-delà des frontières de l’ancienne capitale des Helvètes (lire encadré). Même le «New York Times» avait consacré quelques lignes à la mise au jour d’un buste en or de Marc Aurèle, réalisé autour de 180 ap. J.-C. L’un des rares spécimens intacts d’«imago» en or recensés dans le monde antique. C’est dire si la pièce est exceptionnelle, bien au-delà du microcosme archéologique vaudois.

L'article paru dans La Feuille d'Avis, le 20 avril 1939
L'article paru dans La Feuille d'Avis, le 20 avril 1939

Revers de la médaille: le Musée romain d’Avenches n’expose qu’une copie de ce trésor archéologique. Question de sécurité. L’original, lui, ne fait que des apparitions aussi ponctuelles que remarquées. Pour la première fois depuis 2006, les Vaudois ont l’occasion – ou plutôt la chance! – d’admirer les traits de l’empereur-philosophe dans l’une des vitrines de «Cosmos», exposition marquant le bicentenaire de la création du premier musée cantonal dans les murs du Palais de Rumine. C’était en 1818. Deux siècles plus tard, les quatre institutions encore logées dans le palais (archéologie et histoire, zoologie, géologie et cabinet monétaire) ont brassé leurs collections dans une optique universaliste («24 heures» du 30 avril).

Raconter l’histoire de Rumine

«Quand nous avons commencé à travailler sur «Cosmos», nous avons tout de suite eu envie de montrer les trouvailles majeures réalisées dans le canton de Vaud», souligne Lionel Pernet, directeur du Musée cantonal d’archéologie et d’histoire (MCAH). Mais si Marc Aurèle joue les «guest stars» à Rumine, c’est aussi parce qu’il y a trôné, stoïque, au cœur de la grande salle, jusqu’au début des années 1980. Jusqu’à ce que l’on craigne qu’un Arsène Lupin ne fomente un jour le dessein de le dérober. «Le but de cette exposition est aussi de raconter l’histoire du Palais de Rumine et de ses musées, reprend Lionel Pernet. Cette pièce nous permet de fêter dignement ce bicentenaire! Le public vaudois pourra la contempler pendant plusieurs mois, avant qu’elle ne retourne dans son coffre à la banque, pour on ne sait combien de temps.»

Justement. Peut-on espérer pouvoir un jour admirer ce trésor finement sculpté dans une vitrine du Musée romain d’Avenches? «À long terme, c’est un rêve! s’exclame sa directrice, Marie-France Meylan Krause. C’est la pièce maîtresse du site et c’est le patrimoine de tous. Mais il faut en assurer la sécurité… ce que ne permet pas le musée en l’état.»

En attendant, l’effigie de Marc Aurèle règne à Rumine sous bonne garde, jusqu’au 6 janvier prochain. «Nous avons pris les mesures nécessaires pour assurer sa sécurité», glisse Lionel Pernet. D’ailleurs, le buste prend place dans un espace de l’exposition consacré à la thématique de la préciosité d’une pièce muséale. Pourquoi considère-t-on que tel objet est plus précieux qu’un autre dans une collection, au-delà de sa valeur intrinsèque? «Le fait que le buste soit caché dans le coffre d’une banque a créé une sorte de légende autour de l’original, observe l’archéologue. C’est d’ailleurs la seule pièce qui soit traitée ainsi dans le canton!»

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