Sa «Mauvaise langue» tirée, Thomas Wiesel «ne va pas refaire de télé tout de suite»

HumourLe late show satirique de la RTS fera ses adieux le 8 juin, avant un gala à Beaulieu le lendemain. Le Lausannois fait le bilan d’une expérience qu’il juge enrichissante mais éprouvante

«Mauvaise langue», c'est fini. L'animateur a relevé le défi de succéder à «26 minutes». Image: Laurent Bleuze

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Le défi était costaud: remplacer les «26 minutes» hebdomadaires des deux Vincent en proposant une émission satirique qui décortique l’actualité à la façon des late night shows américains, pour une diffusion chaque vendredi à 22h30 sur RTS Un. Prévue pour une période déterminée, l’aventure «Mauvaise langue» aura durée trois petits mois, soit 14 émissions, dont la dernière sera diffusée le 8 juin. Pour marquer le coup, Thomas Wiesel, son acolyte Blaise Bersinger et l’équipe d’humoristes qui a participé au programme célébreront la fin d’une parenthèse télévisée sur scène, à Beaulieu, le lendemain.

«On est content du résultat, on a fini par trouver notre rythme. Lorsque j’ai proposé ce projet à la RTS, c’est ce que j’avais en tête», lance Thomas Wiesel à l’approche de la fin. Le pari n’était pourtant pas gagné. À la suite de la première diffusion, le 23 février dernier, «Mauvaise langue» essuie des critiques virulentes sur les réseaux sociaux ainsi que dans nos colonnes. Si le comique vaudois se dit être habitué aux commentaires de ses détracteurs sur le Web, les opinions de journalistes ont eu un impact sur la confiance qu’il avait dans le projet. «C’était difficile de se relever. L’émission à peine lancée, on nous en parlait comme si c’était un désastre. Ce qui n’était pas du tout notre ressenti.»

Les réactions du public, elles, restent assez partagées. Ce qui n’est pas pour déplaire à Thomas Wiesel: «On ne voulait pas créer un consensus en faisant une émission grand public. Ça n’a jamais été l’objectif. Que ça ne plaise pas à tout le monde, tant mieux!» Côté audience, en réunissant en moyenne 48'000 téléspectateurs, soit 12,7% de part de marché, le rendez-vous a rencontré un succès au-delà des objectifs fixés par la chaîne.

Exercice «kamikaze»

Pour l’équipe d’humoristes, plus habituée aux planches qu’aux plateaux de télévision, le challenge était d’adapter leur style aux caméras. Un exercice «kamikaze» qui a nécessité un certain temps d’adaptation avant de se mettre sur les rails. «C’était beaucoup plus difficile que ce à quoi je m’attendais, admet Blaise Bersinger, qui a endossé le dur rôle de «sniper». On a eu du mal à trouver un équilibre entre l’humour très écrit de Thomas et le mien qui se base plus sur l’absurde et le comique de situation.» Wiesel, qui tenait particulièrement à créer ce duo, confirme que l’exercice était périlleux: «Le rôle de Blaise était ingrat. Si sa blague ne faisait pas un carton, ça créait vite le malaise.»

Expérience enrichissante, bilan personnel positif: l’animateur se verrait bien retourner un jour sur le petit écran. Mais pas tout de suite. «Je suis sur les rotules, vidé de toute inspiration. J’ai donné beaucoup de ma personne pour cette émission alors je vais prendre un long moment de pause et recommencer à écrire pour la scène.» Chaque semaine, pour 25 minutes de programme, l’humoriste devait fournir le double de contenu pour faire un tri. Un travail éprouvant, d’autant qu’il composait avec peu de moyens et une équipe restreinte, souvent peu disponible. «Je me suis retrouvé plusieurs fois seul maître à bord. La prochaine fois, je prendrai des humoristes moins drôles, mais moins demandés», ironise-t-il.

Créé: 30.05.2018, 20h38

Rochat, roi du gala

Nathanaël Rochat
Humoriste


Il a le sens de la formule et des vannes bien senties. Le sourire en coin, Nathanaël Rochat joue de son flegme et de son accent pour évoquer sur scène des faits de société et son parcours personnel. Le voici à Lausanne pour deux galas, «Vigousse toujours!» le 5 juin à Montbenon, et «Mauvaise langue» avec l’équipe à Wiesel, le samedi 9 juin à Beaulieu.

Vous vous présentez face au public en nonchalant un poil cynique. Un rôle de composition?
C’est un personnage un peu amplifié, une espèce de caricature de moi-même. Je force le trait. Dans la vie, je suis quelqu’un d’assez pondéré, pour dire le moins. Cette nonchalance, ça m’est venu après l’adolescence. Enfant, j’étais un garçon très agité. La puberté a dû me mettre une baffe. Cela dit, cette allure plutôt naïve me permet d’aller assez loin dans certains propos.

Vous êtes du genre à affiner une réplique jusqu’à ce qu’elle soit parfaite?
Parfois, un mot, un seul, peut tout changer. La façon de le dire également. On cherche toujours la formule juste. L’idéal sur scène, c’est de donner l’impression que c’est improvisé, d’arriver à créer l’illusion de la spontanéité.

Thomas Wiesel a vu sa notoriété exploser en allant à Paris. Vous n’avez pas envie, vous aussi, de vous exporter?
Histoire de dégager en touche, j’aime bien dire que les Parisiens ne sont pas prêts à entendre mon humour d’avant-garde! Plus sérieusement, je crois qu’il faut s’imprégner de quelque part pour être pertinent. Sentir les gens, les mentalités, cela prend du temps, cinq ans au minimum. Où je suis vraiment aimé, c’est en Suisse romande, et encore pas dans tous les cantons. Les gens se disent: il est des nôtres. Je ressens vraiment ça. À Paris ce ne serait pas du tout le cas.
Philippe Muri

Lausanne, Montbenon
Soirée de soutien à «Vigousse», mardi 5 juin (19 h). Prix: 80 frs. Infos: 021 612 02 50.

www.vigousse.ch

Infos

Lausanne, Beaulieu

sa 9 juin (portes 18 h 30)

Location sur le site

www.theatredebeaulieu.ch

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