Michel Boujenah laisse tomber la vraie vie

ThéâtreDans «Ma vie rêvée», l’humoriste français opte pour l’imaginaire.

Michel Boujenah revient sur scène avec la famille Boutboul. A voir à Onex cette semaine.

Michel Boujenah revient sur scène avec la famille Boutboul. A voir à Onex cette semaine. Image: JEAN-MARC HELIES

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Même quand il rêve sa vie, il ne peut s’empêcher d’y embarquer quelques-uns de ses personnages clefs. Les membres de la famille Boutboul seront donc sur scène avec Michel Boujenah, à Onex (GE), où l’humoriste français présente son dernier spectacle. Après avoir tourné durant plus de quatre ans avec Enfin libre!, le comédien remonte sur scène dans Ma vie rêvée.

- Après vous être libéré dans votre précédent spectacle, vous aviez envie de rêver?

- Alors que je cherchais des idées après avoir réalisé mon 3e scénario de film, mon agent m’a proposé de faire un best-of. Mais ça, c’était hors de question: ce genre d’exercice, c’est la mort. Soudain, j’ai eu l’idée d’une autobiographie imaginaire. C’est amusant de réinventer sa vie, non? Que serait le monde si nous ne rêvions pas?

- Votre vie rêvée, vous ne l’avez pas voulue héroïque?

- Elle reste une description de ce qu’est la vie. Des choses vraies s’y sont glissées. Toutes les émotions, par exemple, sont réelles.

- C’est plutôt étonnant de s’inventer une vie à une époque où fleurissent les confessions…

- Je déteste les confessions et ce côté exhibitionniste qui va avec. Je préfère nettement l’imaginaire à la réalité. Vers la fin du spectacle, je dis d’ailleurs que je n’ai pas envie d’y revenir. Dans mon imagination, je peux être désiré par une femme sublime; plein de choses peuvent arriver. Dans ma vie rêvée, on ne se fait pas tuer parce qu’on fait des dessins, ou parce qu’on est juif.

- L’actualité tient donc une place dans votre vie imaginaire?

- J’ai écrit le spectacle avant les événements du 7 janvier. Mais il est impossible de ne pas les évoquer, de ne pas parler de la montée des extrémismes en Europe. Ce sont des thématiques qui me touchent. Je parle de la beauté de la démocratie, aussi, de sa fragilité. Finalement, la démocratie est extrêmement rare. Combien en existe-t-il dans le monde? La liste des dictatures est bien plus longue.

- En vous écoutant parler, on sent que vous avez toujours autant de plaisir à être sur scène…

- Ah oui, même plus que ça. Vous savez, à mon âge (ndlr: 62 ans), quand on sait la force que peut avoir l’amour, on aime encore plus fort. Pourtant, j’ai un rapport bizarre au temps. J’ai l’impression d’avoir toujours 20 ans. Mon agent est là pour me rappeler que je dois me dépêcher!

- Mais vous n’avez jamais chômé?

- Non, j’ai toujours beaucoup travaillé. Une histoire, c’est comme un arbre. Il faut que ça pousse et pour cela, il faut du temps. Et je suis très angoissé à l’idée qu’un jour ou l’autre, tout cela s’arrêtera.

Ma vie rêvée. Du 25 au 27 février (complet le ve 27) à 20 h 30 à la salle communale d’Onex. Infos: www.spectaclesonesiens.ch ou 022 879 59 99

Créé: 24.02.2015, 18h27

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.