Le monde digital romand a son festival

NumériqueLes Numerik Games, à Yverdon, affichent un menu pléthorique qui met en avant la créativité d’ici. Pour amateurs et avertis.

Royaume numériqueLes Veveysans de Digital Kingdom seront aux Numerik Games. De g. à dr.: Benjamin Vurlod, Olivier Reutenauer, Basile Perrenoud et Stéphane Restani.

Royaume numériqueLes Veveysans de Digital Kingdom seront aux Numerik Games. De g. à dr.: Benjamin Vurlod, Olivier Reutenauer, Basile Perrenoud et Stéphane Restani. Image: CHANTAL DERVEY

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Le numérique est partout, sous de multiples formes. Une diversité que reflète le menu foisonnant de la première édition des Numerik Games, qui courra du 2 au 4 septembre à Yverdon-les-Bains. «Je trouve intéressant, dans un monde qui baigne dans le numérique, de pouvoir rendre visible la créativité qui s’y opère», motive Marc Atallah, directeur de la Maison d’Ailleurs et coordinateur de l’événement.

L’an passé, il avait organisé une soirée présentant des pointures du «digital painting» qui avait drainé 3000 personnes. La première édition du festival affiche, elle, pas moins de soixante propositions, de la création artistique au retrogaming en passant par le cosplay ou le e-sport.

«Toucher le public le plus large possible»

Des termes d’initiés? Marc Atallah tient à mettre les choses au point: «Ce n’est pas un festival pour geeks. L’idée est de toucher le public le plus large possible. Nous avons d’ailleurs prévu un atelier animé par des joueurs semi-professionnels pour que les parents puissent s’initier à trois grands jeux vidéo, et comprendre à quoi jouent leurs enfants.»

Le festival met en lumière la création locale de jeux vidéo indépendants, présentée dans la section «indie games». L’événement qui se tiendra durant les trois jours dans l’Aula Magna du château d’Yverdon permettra ainsi de découvrir de 25 à 30 jeux mais surtout, chose rare, de rencontrer leurs concepteurs. Car si aucune formation dédiée n’existe en Suisse romande, le petit monde des créateurs d’ici fourmille de projets depuis quelques années, grâce notamment aux outils d’élaboration des jeux désormais accessibles gratuitement en ligne.

Concepteurs romands

Ces concepteurs romands sortent de l’ECAL, d’écoles de web design ou de media design, sont ingénieurs EPFL, programmeurs ou autodidactes. Loin des réalisations dispendieuses des grands studios, ils créent avec moins de moyens mais davantage de liberté: «On peut explorer des univers et des manières de jouer qu’on ne pourrait pas se permettre avec des jeux à 300 millions», remarque David Javet. Ce chercheur à l’UNIL, également organisateur de réunions de développeurs romands, était à ce titre le responsable tout trouvé de l’événement «indie games».

Parmi les originalités romandes, il cite «des jeux où il faut gagner ensemble au lieu de triompher seul, d’autres mêlant l’utilisation de la réalité virtuelle et de la tablette, ou combinant tablettes et figurines, ou encore un dispositif qui s’inspire de l’univers du Petit Nicolas».

Veveysans

Côté vaudois, les Veveysans du studio Digital Kingdom présenteront Yamgun, jeu de tir à la première personne pour smartphone sorti il y a un an, où il s’agit de terrasser des aliens à l’aide d’un canon. Aujourd’hui, leur jeu avoisine les 60'000 téléchargements. Concepteur multimédia du quatuor, Benjamin Vurlod souligne que, «pour un studio romand, un tel festival est un événement phare et une belle opportunité de rencontrer les utilisateurs». Pour l’occasion, Digital Kingdom a ajouté un niveau de jeu supplémentaire qui ressemble au temple de la place Pestalozzi. Le studio présentera aussi un jeu sur téléphone consacré aux élections américaines, ainsi qu’un dispositif à deux ou à quatre joueurs plus conceptuel, dont les personnages sont invisibles: «On ne peut les deviner qu’en fonction des vibrations de la manette.» Il ne cache pas que la concurrence est rude pour les jeux sur mobile: «On touche tout de suite beaucoup de monde… à condition de rester gratuit. La monétisation est plus compliquée. On se dirige donc plus pour l’avenir sur une plate-forme comme Xbox.» Et le studio développe aussi des «serious games» ou des applications pour des institutions comme l’Alimentarium.

«Des jeux pour tous les goûts»

Soufian Mahlouly, du studio Furinkazan à Lausanne, souligne l’importance d’un rendez-vous mettant en avant la création vidéoludique romande: «Cela montre qu’il y en a pour tous les goûts, de la réalité virtuelle aux dispositifs multijoueurs en passant par des démarches où l’artistique domine.» Lui lancera bientôt Opticale sur l’Appstore. Ce jeu de réalité virtuelle pour mobile permet, grâce à la réalité augmentée et à la géolocalisation, d’explorer un monde parallèle. Plus qu’un jeu, ce diplômé en marketing et communication voulait développer un univers. «L’idée est ensuite de le décliner sur divers supports, de la console jusque, pourquoi pas, au film.» Résolument multifacettes, le numérique.

Créé: 25.08.2016, 21h44

Points forts

Musique électronique Vingt-six DJ suisses et étrangers mixeront sur la place Pestalozzi. Mais aussi dans la cave et la cour du Château, couverte pour l’occasion (ve-sa jusqu’à 6h du matin).

Rétro Des consoles et des anciens jeux, tels des flippers des années 1960, seront à expérimenter dans divers lieux. Le Musée Bolo expose sa collection à la Maison d’Ailleurs.

Cosplay Un concours réunira amateurs et professionnels sous forme de spectacle (sa dès 14h30,au Théâtre Benno Besson).

Artistes et performances La HEIG-VD présentera «Game of Tron», un jeu collaboratif multijoueurs sur smartphone projeté sur la façade du Temple (ve et sa dès 20h30, place Pestalozzi). Des diplômés en photo de l’ECAL présenteront des projections numériques durant les DJ’s sets.

Enfants Diverses animations sont prévues dans le Fabularium Cabinet, comme un vélo interactif permettant de se balader dans un paysage virtuel (tout le week-end, chapelle du Château). Aussi au programme, des ateliers d’initiation à la création numérique et un brunch familial (dimanche).

Ecoles Le Dôme présente les projets un peu fous de la HEIG-VD. Robots, contrôles de bâtiments à distance, aquarium virtuel, etc. Sans oublier un volet de conférences sur les drones, la géolocalisation ou encore le jeu en réseau (sa 10h-19h, Hôtel de Ville).

Infos pratiques Toutes les scènes extérieures sont couvertes. L’accès y est gratuit, et payant pour les espaces intérieurs.

Yverdon-les-Bains, divers lieux
Du ve 2 au di 4 septembre
www.numerik-games.ch

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