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Au Montreux Comedy, le «Game of drôles» n’a pas fait que des tilts

Pour son gala d'ouverture, jeudi, le festival avait confié la présentation à Caroline Vigneaux. Il se poursuit jusqu'à lundi.

Pour le gala d'ouverture, l'Auditorium Stravinski avait fait presque salle comble. L'édition 2017 s'achemine vers un record de billets vendus.
Pour le gala d'ouverture, l'Auditorium Stravinski avait fait presque salle comble. L'édition 2017 s'achemine vers un record de billets vendus.
DR

Oh, la grande crainte… Le gala d’ouverture du Montreux Comedy allait-il se résumer à l’inanité de la brosse WC brandie par sa présentatrice pour éloigner les putschistes? Caroline Vigneaux, première humoriste à tenir ce rôle en vingt-huit ans d’histoire du festival, avait promis de ne pas se laisser faire, d’accord, mais le pari méritait mieux qu’un préambule bas de gamme.

Que de soulagement donc lorsque son capital énergie et son intelligence de l’humour ont fendu l’atmosphère d’un Strav presque au complet pour assurer la continuité entre un panel diffus d’artistes et de sens de l’humour, la grande difficulté de l’exercice marque de fabrique de l’événement montreusien. Depuis le temps, combien s’y sont frottés, éreintés, essoufflés?

Forte d’une écriture aboutie, confortée par sa générosité et un sens inné du rythme, Caroline Vigneaux a trouvé le juste esprit pour assembler ce puzzle hétéroclite tenant parfois plus du divertissement que de l’humour bien senti mais avant tout très nouveau. La belle surprise de cette soirée de jeudi et la preuve que ce ne sont pas toujours les mêmes qui trustent la scène du rire et qui viennent à Montreux.

Dans une démonstration de l’humour phénomène viral, les Français Akim Omiri, Kristoff Fluder, Alex Ramires, le Québécois Roman Frayssinet et le tandem Giroud & Stotz ont notamment agrandi le cercle naviguant parfois dans les eaux troubles du rire. Il commence à y avoir du monde dans la grande famille des «j’ai une scène, un micro, je déballe ma vie» et l’exigence augmentant, veut-il encore être confondu avec un divan? D’après certains rires, timides, pas sûr.

L’acuité d’une Élodie Poux mitraillant à l’acide l’innocence – et son double la tendre naïveté – les a ravivés comme la formule crottée de terroir, connue mais parfaitement rodée par Les Bodin’s mère et fils en bisbille perpétuelle. Et, quand le personnage pose l’humoriste, Antonia de Rendiger en a à revendre à contre-courant des standards, ciselant à la fois la langue et la posture.

Mais la plus vivifiante des bouffées d’oxygène est venue du nord avec Blond and Blond and Blond, un trio de trublions suédois plantant décors et univers à la seule force de leur présence, leur répertoire zappe entre les genres musicaux, leur jeu ne boude aucunement le badinage baroque et le tout s’inscrit dans un bel effet de kitch parodique. Inattendu. Décalé. Juste drôle.

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