Moulinsart fait fermer l'expo «Tintin in Lausanne»

BDFILLes juristes défendant l’œuvre d’Hergé ont contraint la galerie RichterBuxtorf à annuler l’exposition du peintre Atak, qui faisait partie du Off du festival.

La galerie a fermé ses portes suite au courriel reçu par Moulinsart SA.

La galerie a fermé ses portes suite au courriel reçu par Moulinsart SA. Image: Thérèse Courvoisier

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C’est l’histoire d’une exposition devenue éphémère bien malgré elle. Une sorte de pop-up expo, qui n’aura finalement duré que vingt-quatre heures. Sauf qu’à la base, l’Espace RichterBuxtorf, situé à l’avenue William-Fraisse, à Lausanne, devait présenter le travail du peintre allemand Atak (de son vrai nom Georg Barber) à l’affiche du off du festival BDFIL, du 5 au 27 septembre. Mais la galerie a été contrainte par les juristes de Moulinsart SA de fermer ses portes un jour seulement après les avoir ouvertes!

Le zèle dont fait preuve la société de défense des droits de l’œuvre d’Hergé est bien connu. On ne touche pas à Tintin de près ou de loin sans avoir au préalable montré patte blanche! «En tant qu’iconographe, je sais très bien que si on veut reproduire une case de bande dessinée, on doit demander la permission, explique Régine Buxtorf en toute bonne foi. Mais là, ça ne m’a même pas traversé l’esprit: nous montions avant tout une exposition d’Atak. Toute son œuvre est constellée de personnages de la culture pop qui ont profondément marqué cet Allemand de l’Est qui a appris à dessiner en copiant des bandes dessinées venues de l’autre côté du mur. Bref, jamais je n’aurais imaginé recevoir cet e-mail des juristes de Moulinsart.»

Un courriel reçu jeudi en plein montage, mais que Régine Buxtorf et Gilles Richter ont immédiatement pris très au sérieux. «Nous n’avons les moyens ni financiers ni juridiques d’entrer dans une quelconque procédure. Ce genre d’affront pourrait nous couler. C’est pourquoi nous avons décidé d’immédiatement fermer l’exposition. Nous allons la remanier pour ne plus montrer que des peintures extraites de «Martha était là», le dernier ouvrage d’Atak.»

Le directeur de BDFIL, Dominique Radrizzani, avait demandé à l’artiste de peindre un hommage à Lausanne à l’occasion de sa participation au off du festival; c’est ainsi qu’est née l’affiche de l’exposition décriée, que l’on retrouve encore sur les murs de la ville. «Tout comme nous, Dominique l’a trouvée super, reprend Régine Buxtorf. Un chouette clin d’œil qui fait sourire. Le trait d’Atak n’a rien à voir avec celui d’Hergé. Son travail est clairement un hommage à Tintin. Il me semblait que dans la loi belge, la parodie était admise. Reste encore à définir le mot parodie…»

Créé: 08.09.2019, 19h18

L'affiche de l'exposition décriée orne encore quelques murs lausannois. (Image: Thérèse Courvoisier)

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