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En 16 éditions, Lavaux Classic a imposé son classicisme décontracté et épicurien

Jean-Christophe de Vries présente son dernier programme coup de cœur avant son départ.

Jean-Christophe de Vries a consacré 16 années à son festival
Jean-Christophe de Vries a consacré 16 années à son festival
ANNE-LAURE LECHAT

D’abord la volonté de mettre les interprètes au service des œuvres de musique de chambre, et une douce impertinence pour inventer des formules de concerts insolites et inédites, au service encore des œuvres, ou du paysage local: tel a été l’esprit qui a guidé Jean-Christophe de Vries à travers l’aventure du festival Lavaux Classic. Et tel il se retrouve encore une fois dans la programmation 2019 présentée hier, qui sera la dernière signée par son directeur artistique.

Jean-Christophe de Vries avait annoncé il y a quelques mois sa décision de se retirer du festival qu’il avait cofondé avec Markus Hagmann sous le nom de Cully Classique en 2004, pour se consacrer à des projets personnels, tout en gardant sa place dans le conseil de fondation. Le nom de son successeur sera dévoilé dans quelques semaines, mais en attendant, le menu de juin 2019 s’annonce panaché et décoiffant.

Grillant la politesse aux apôtres du culte des commémorations, Lavaux Classic anticipe l’année Beethoven (2020 marque les 250 ans de sa naissance) et en fait sa figure de proue cette année. «On avait fêté les 251 ans de la naissance de Mozart en 2007, relève Jean-Christophe de Vries avec amusement. On s’est dit qu’on pouvait refaire le même coup avec les 249 ans de Beethoven, avant que le public en ait par-dessus les oreilles!» On découvre dans la brochure de présentation un portrait trafiqué du grand Ludwig, tout souriant et manifestement très satisfait de sa bonne blague. «La métamorphose du célèbre tableau a été faite en 15 secondes grâce à une application sur mon téléphone portable, rigole Jean-Christophe de Vries. Mais plus sérieusement, on s’intéresse à lui pour autre chose que son anniversaire, en tant que figure maîtresse des Lumières.»

Philosophie des Lumières

Par le passé, Jean-Christophe de Vries avait déjà rêvé et même annoncé une édition sur le thème de l’esprit des Lumières, mais cela ne s’était pas fait. «Je n’étais pas prêt et je ne trouvais pas la manière d’en parler qui permette d’aller voir avant et après le XVIIIe siècle.» En choisissant comme devise «Pense par toi-même: l’esprit des Lumières», le festival élargit son champ de vision. «Nous pouvons ainsi mettre en avant des compositeurs de toutes les époques qui ont inventé de nouvelles formes ou qui se sont émancipés de leur statut social pour être plus libres, au détriment de la perception de leur musique. Le cas de Beethoven est emblématique. Le monde de la musique était à ses pieds, mais le public n’arrivait pas à suivre ses compositions. À côté de Beethoven, il y aura aussi Bartók, Gesualdo, Scarlatti, C.P.E. Bach, Ligeti…»

Le concert d’ouverture (ve 14) illustre à merveille le fil conducteur, avec Christian Zacharias, s’ouvrant sur la «Première sonate» pour piano de Beethoven – «pour montrer l’ouverture d’un monde nouveau», et s’achevant sur un concerto de Mozart avec le Quatuor Sine Nomine. Parmi les propositions surprenantes de ce début d’été, il ne faudra pas manquer le pique-nique au soleil couchant dans le mas provençal de Jean Prahin à Chexbres (je 20), animé par David Kadouch (piano) et Edgar Moreau (violoncelle). «La maison du peintre et vitrailliste vaudois est restée intacte depuis sa mort en 2008, glisse Jean-Christophe de Vries. C’est un des plus beaux balcons sur le Léman.» Le récital de la jeune pianiste russe Alexandra Dovgan a déjà un parfum de révélation (ve 21), à combiner ensuite avec Les Arts Florissants à la bougie, au temple de Cully, dans des motets déchirants de Gesualdo. Quant au concert final, c’est un feu d’artifice subjectif, dans le plus pur style du directeur artistique.

Signalons encore une nouveauté audacieuse, la refonte complète des tarifs des concerts, avec le pari de supprimer les catégories en lissant les prix. Résultat: les concerts d’ouverture et de clôture sont à 55 francs, prix unique. Les concerts de la soirée Beethoven du 22 juin sont à 35 francs, 85 les trois. Et on peut se rêver déjà au premier rang au concert de Lucas Debargue (sa 15) ou Istvan Vardaï (di 16) pour 45 francs. À la seule condition de réserver rapidement!

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Cully et environs Du 13 au 23 juin Rens.: 021 312 15 35 www.lavauxclassic.ch

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