«Croix du Sud», la boussole des émigrés suisses

ThéâtreLe spectacle d’Emile Gardaz et André Ducret créé à Mézières en 1985 revient au Jorat pour le bicentenaire de Nova Friburgo.

Des émigrés helvétiques guettent les côtes brésiliennes.

Des émigrés helvétiques guettent les côtes brésiliennes. Image: GIOVANNI CONTI/DR

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En 1985, la Grange sublime à Mézières sortait de sa léthargie et proposait un seul spectacle cette année-là, une création ambitieuse sur le destin des colons suisses partis au Brésil au XIXe siècle, en quête d’un avenir potentiellement meilleur. C’était «Croix du Sud», pièce en quatre actes d’Émile Gardaz sur des musiques d’André Ducret et José Barrense-Dias. Dix représentations. Gros succès populaire, en particulier pour les chœurs a cappella composés par André Ducret, dont certains sont devenus des tubes de l’art choral en Suisse romande.

Trente-quatre ans plus tard, «Croix du Sud» retrouve une raison d’exister, pour célébrer le bicentenaire du départ des migrants, en 1819, et la fondation de la colonie de Nova Friburgo. Philippe Savoy, directeur de l’ensemble DeMusica, est à l’origine de cette initiative. Le chef de chœur fribourgeois est un ami et disciple d’André Ducret et il a chanté sous sa direction des extraits de la partition. «J’ai petit à petit pris conscience de ce que cela avait représenté, à Fribourg, parce que cette musique est entrée au répertoire, et au Jorat, où le spectacle a marqué les esprits. Si la création est difficile, la recréation l’est encore plus. Là, ça faisait totalement sens.» Le spectacle 2019 conserve la totalité des chœurs composés par André Ducret, présent d’ailleurs à toutes les répétitions, mais resserre quelque peu le texte d’Émile Gardaz et propose une nouvelle scénographie. Comme à l’époque, il est monté par une équipe panachée. Aux forces musicales de l’ensemble DeMusica se sont adjointes une petite troupe de comédiens romands et la collaboration à la mise en scène d’Yves Senn, de l’Avant-Scène Opéra de Neuchâtel. Les premières représentations ont d’ailleurs eu lieu au Théâtre du Passage, à Neuchâtel, et à la salle Équilibre de Fribourg, avant d’atterrir ce dimanche au Théâtre du Jorat, où le spectacle avait vu le jour.

Si la résurrection de «Croix du Sud» ne doit rien au Théâtre du Jorat, son directeur, Michel Caspary, n’a pas hésité une seconde à l’accueillir quand il en a reçu la proposition par Philippe Savoy: «J’ai vraiment envie de faire revivre le patrimoine du lieu. Je ne regrette pas d’avoir accepté: les chœurs sont magnifiques et la mise en scène simple et efficace. En plus, c’est une œuvre qui s’inscrit pleinement dans la veine du Théâtre du Jorat: populaire, campagnarde même, mélangeant théâtre et musique, professionnels et amateurs. En l’occurrence, «Croix du Sud» est vraiment d’actualité en parlant des migrants, mais dans l’autre sens. La moitié des gens sont morts pendant la traversée – c’est vraiment un récit dramatique.»

Michel Caspary se souvient bien du spectacle de 1985, de la force des chœurs, dirigés par Robert Mermoud, et de la grande voile signée Christophe de La Harpe. À l’époque, il était journaliste et avait chroniqué le spectacle pour «24 heures». On lit notamment ceci sous sa plume: «Les projets de Christophe de La Harpe n’ont pas manqué de soulever quelques réactions d’abord craintives du comité du Théâtre du Jorat, plus habitué à des décors… disons décoratifs.» Avec le recul, l’actuel directeur confirme la modernité du spectacle et son rôle dans l’histoire du lieu: «Croix du Sud» a marqué l’arrivée de nouvelles formes théâtrales dans la région. Le spectacle soulignait les lacunes techniques du lieu, mais aussi son potentiel.»


Mézières, Théâtre du Jorat
Di 22 sept. (17h)
Rens. 021 903 07 55
www.theatredujorat.ch

Créé: 19.09.2019, 09h38

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