Elégante ou laborieuse, Zaz a fait de tout mardi à l'Arena

CritiquePetite audience mardi pour assister au concert de la chanteuse française, qui hésite toujours entre swing bonnard et variété de grand boulevard.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Elle est arrivée en tenue complet veston, genre garçonne de cinéma. Cinéma muet s'entend. Mais Zaz, pour sa part, ne compte pas rester muette. Hélas pour ses détracteurs, heureusement pour le public de l'Arena, qui avait payé entre 62 et 72 francs la place mardi pour sa première apparition, qui l’eût cru, en salle, hors festivals estivaux. Verdict? 4000 personnes grand maximum, pour plus de deux heures de concert. En attendant le Hallenstadion club, à Zurich en mars prochain, 5000 billets en vente. Le public germanophone, c'est connu, adore Zaz.

Et le public de l'Arena? Pas fâché, en tout cas. Pas non plus délirant. On a là quelques bambins et leurs parents, des trentenaires, beaucoup, des quadras de même, et des quinquas presque autant.

Une jolie trompinette

L'electro swing et à la mode? Alors tant qu'à faire, ranimons le swing tout court. Chose faite sur trois morceaux de Paris, l'un ou l'autre de ces vieilles rengaines empruntées à Maurice Chevalier, Edith Piaf et compagnie. Un clin d’œil attendu, accompagné en toile de fond par un décor de carton, heureusement relevé par des projections urbaines. Ici la rue sourde, le lampadaire frémissant, les pavés émouvants… Et là l'orchestre, autrement plus fin que sur cet album affrété pour l'export, le dit Paris donc. Zaz dans Paris sera toujours Paris fait plutôt joli lorsqu'elle est accompagnée d'un seul accordéon ou d'une trompinette sans prétention.

A 20h30, cela donnait si bien qu'on aurait valsé sans plus attendre sous les lampions de l'Arena. Mais c'était sans compter qu'à 20h32, Zaz a opté pour un funk léger issu des années 1980. Genre disco pop grandiloquent, façon variété passe-partout. La voix se perd. Le timbre rauque qui sied à la petite Française manque alors et totalement de puissance.

< b > Risque de l'indigestion

On fait encore un jeu avec le public; il faut faire la pluie avec les mains, cette fois-ci. A 22h20 environ, Zaz entonne On ira , ce thème cousin de Non, non, rien n'a changé , des Poppys. Ce titre-là résume bien cette nouvelle direction et ce nouveau public que la chanteuse a capté dans ses filets: variété et sentimentalisme.

Alors, autant les parties rétro swing jazz sont enlevées par l'orchestre, Zaz à l'aise dans sa tenue de Titi, quand bien même elle exagère si souvent le trait, autant les moments variété, lourds, ronflants, désincarnés, laissent dubitatif. Zaz en swing, ou Zaz en pop, les deux volets se bousculaient mardi sur la scène de l'Arena, ne sachant trop lequel, de l'un ou de l'autre, méritait que l'on poursuive l'affaire. Et l'un et l'autre tendaient finalement à s'annihiler parmi. Comme si, dans une tentative désespérée de vouloir servir fromage et dessert dans une même petite assiette, on ne reconnaissait plus aucun goût à la fin.

(24 heures)

Créé: 20.01.2016, 09h34

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.