La Russie magique irradie avec Valery Guerguiev

ClassiqueLe chef et son Orchestre du Théâtre Mariinski triomphent au Septembre Musical. Critique.

Daniel Lozakovich, soliste inspiré du «2e concerto pour violon» de Prokofiev, lundi à Montreux avec l'Orchestre du Théâtre Mariinski de Saint-Pétersbourg sous la direction de Valery Guerguiev. Image: Céline Michel

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L’Auditorium Stravinski à Montreux a accueilli des dizaines de concerts symphoniques depuis son ouverture en 1993. Chacun laisse à l’esprit quelques moments vraiment mémorables. Sans hésiter, on ne saurait oublier Claudio Abbado avec les Berliner Philharmoniker et Simon Rattle et l’Orchestre de Birmingham (les deux en 1997), ou, plus récemment, les Wiener Philharmoniker et Yannick Nézet-Séguin (2011). La venue de l’Orchestre du Mariinski et Valery Guerguiev au Septembre Musical 2019 s’inscrit dans cette lignée rare où la perfection instrumentale, l’engagement du chef et l’attention du public fusionnent autour d’une œuvre vécue par tous comme une évidence et comme un bouleversement.

Valery Guerguiev a dirigé pour la première fois cet orchestre en 1978, il a été nommé à sa tête dix ans plus tard pour faire du Mariinski (ex-Kirov) le symbole du renouveau de la culture russe menacée de dispersion à la chute de l’Union soviétique. Sa proximité avec Vladimir Poutine a fait couler beaucoup d’encre. Mais Guerguiev reste avant tout un musicien au service de son art. En 30 ans, il a placé son orchestre au plus haut niveau imaginable: l’agilité des cordes, l’éloquence des bois, individuellement ou en groupe, la phénoménale netteté des cuivres et des percussions sont à toute épreuve. Et il y en avait à surmonter lundi soir entre les éclats lyriques de «Roméo et Juliette» de Tchaïkovski, la rage contenue du «2e Concerto» pour violon de Prokofiev et l’exubérance rhapsodique de «Shéhérazade» de Rimski-Korsakov, tenue en haleine par l’ébouriffant violon solo de Lorenz Nasturica-Herschcowici.

L’énergie du chef ossète impressionne, et plus encore sa manière de modeler l’énergie tout au long du concert. La puissance de l’orchestre, explosive chez Tchaïkovski, plus diffuse et enveloppante chez Rimski-Korsakov, fascine, mais aussi sa réserve de puissance, tapie dans l’ombre tout au long du concerto de Prokofiev. Le jeune violoniste Daniel Lozakovich est à l’unisson de ce discours ramassé, presque bridé, qui agit sur les accélérations et les ralentis plutôt que sur le volume sonore. Le temps se plie à sa volonté dans deux bis d’Ysaÿe et de Bach en suspension.

Créé: 03.09.2019, 15h49

Septembre Musical Montreux-Vevey

Jusqu’au di 8 septembre.
Rens.: 021 962 80 05.
www.septmus.ch

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