Le «Messie» de Haendel vibre aussi en légèreté

ClassiqueLe Festival Bach de Lausanne accueillait dimanche à l’Opéra une formidable équipe irlandaise. Critique

L’Irish Baroque Orchestra.

L’Irish Baroque Orchestra. Image: DR

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Retour aux sources. La devise du Festival Bach de Lausanne n’a jamais sonné de manière si évidente dimanche soir dans un Opéra de Lausanne rempli jusqu’au dernier rang. En programmant pour la première fois Le Messie de Haendel, le festival a fait appel à d’excellents musiciens irlandais, lointains mais dignes héritiers de la State Music de Dublin, qui créa l’œuvre sous la direction du compositeur en avril 1742.

Monument de la musique classique, Le Messie est toujours l’une des œuvres chorales les plus jouées au monde. Depuis sa création dublinoise, son succès ne s’est jamais démenti. Ce fut la dernière œuvre dirigée par Haendel en 1759, huit jours avant sa mort. Par la suite, Le Messie connut des exécutions pompeuses de plus en plus pléthoriques au XIX siècle (le summum étant atteint en 1859 à Londres avec 4000 exécutants!). Pour des raisons autant financières que musicales, on est revenu aujourd’hui à une pratique bien plus proche des origines puisqu’on sait que l’oratorio, du vivant de Haendel, était joué par 33 instrumentistes et 23 chanteurs. L’effectif de l’Irish Baroque Orchestra et du Chœur Resurgam, dirigés du violon par Monica Huggett, était encore un peu plus restreint, mais d’une cohésion et d’une précision infaillibles.

Il faut néanmoins un peu de temps pour que l’oreille s’ajuste à un ensemble aussi compact. L’orchestre semble a priori dépourvu de graves, le chœur, à cinq chanteurs par voix placés en arc de cercle derrière l’orchestre, se voit naturellement refusé tout effet de masse. La dynamique se construit dès lors dans la palette des nuances, dans l’équilibre naturel mais subtil entre les voix chantées et les instruments, à travers le geste toujours précis et énergique de Monica Huggett. Le quatuor de solistes, extraordinairement expressifs – et une pure révélation avec le soprano divin d’Anna Devin, achève de donner un relief saisissant à cette vaste fresque, comme si elle venait à peine d’être achevée. (24 heures)

Créé: 16.11.2015, 16h28

Prochains concerts

Lausanne, église de Villamont (nouveau lieu)
Christine Busch, violon
Ve 20 novembre (20 h)

Lausanne, salle Paderewski
Collegium Musicum de Lausanne
Sa 21 novembre (20 h)

Loc.: 021 315 40 20

www.festivalbach.ch

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