Metallica, le monstre débarque à Palexpo

MusiquePour son concert mercredi à Genève, la légende du thrash californien déploie un dispositif monumental: 22'000 personnes sont attendues autour d’un «ring» central.

le groupe californien Metallica en concert à Birmingham, le 30 octobre 2017.

le groupe californien Metallica en concert à Birmingham, le 30 octobre 2017. Image: Tony Woolliscroft

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Énorme. L’adjectif convient à l’événement. Pour sa venue à Genève, le mercredi 11 avril, le groupe américain Metallica jouera devant 22 000 personnes. Un record pour une prestation en salle sur sol helvétique. De quoi mettre Genève sur la carte de l’Europe. «Une telle jauge, c’est plus que Paris-Bercy, plus que l’O2 de Londres», s’enthousiasme Michael Drieberg, patron de Live Music, société organisatrice du concert, citant deux salles fameuses d’une capacité de 20'000 places chacune. Seule la U Arena de Nanterre, inaugurée il y a six mois, fait mieux, avec 40'000 places. Tandis que l’Arena de Genève, plus grande salle actuellement disponible en Suisse romande, semble toute petite avec ses 9500 places…

Pour réunir autant de monde sous le même toit, Live Music investit la Halle 7 de Palexpo. Particularité du dispositif, utilisé depuis plusieurs années déjà par le groupe américain: la scène est installée au centre, tel un ring, de sorte que le public, debout, entoure les musiciens. La logistique tient du monstre technologique. Ce sont des écrans cubiques suspendus au plafond, 70 tonnes de matériel. Également un essaim de microdrones lumineux sortant de la scène, conçus par la start-up Verity Studio, à Zurich. Cent techniciens accompagnent Metallica sur sa tournée et Live Music met à disposition 600 personnes supplémentaires, dont 250 uniquement pour la sécurité.

Billets nominatifs

Accueillir 22'000 personnes à Palexpo, ce n’est pas seulement les faire entrer dans la salle. «En termes d’affluence, il faut imaginer quelque chose se rapprochant du Salon de l’auto, résume Michael Drieberg, rappelant qu’un train spécial de retour en direction de Lausanne a été mis en place. On a étudié la provenance des spectateurs: si les Romands viennent en masse, ce sont tout de même 20% de Suisses alémaniques et autant de Français, lesquels vont difficilement pouvoir se passer de leurs voitures.»

À leur arrivée, les spectateurs devront passer un double contrôle de sécurité. Et produire un billet d’entrée nominatif. «Ou, si ce n’est pas le cas, présenter une copie de la carte d’identité de l’acheteur», prévient Live Music. On imagine les potentiels malentendus au passage du portillon… L’organisateur, qui a également mis en vente 2000 billets supplémentaires – il en restait 800 lundi, selon ses dires – entend lutter ainsi contre le marché noir. Mais aussi faciliter le travail de la sécurité: «En scannant les billets, on sait si telle personne est entrée et quand.»

«Ouvrir une brèche»

Le coût de l’opération? Secret de fabrication, comme toujours. Qu’on tâche de deviner. À 130 francs l’entrée, cela donne un joli montant de 2,8 millions. Sans compter les «pass» spéciaux, 700 billets vendus entre 219 et… 2569 francs, ces derniers permettant, outre la visite de l’expo itinérante accompagnant la tournée, un repas in situ, divers objets – t-shirt, poster et liste des chansons autographiée (sic) – et rencontre avec les musiciens. Une telle pratique s’avère de plus en plus courante aux États-Unis, note Michael Drieberg, qui collabore ici avec un géant du spectacle, Live Nation: «La vente de billets a atteint le maximum de rendement, dès lors il a fallu chercher d’autres sources de revenus. Et ce n’était possible qu’en proposant des plus-values.» Michael Drieberg de préciser les particularités de l’économie suisse: «Ailleurs, en Angleterre par exemple, le revenu d’un organisateur s’appuie également sur les places de parking. En Suisse, ce n’est pas le cas. Nos salles appartiennent aux collectivités publiques, le pays n’est pas assez grand pour développer un marché privé. Ces revenus moindres expliquent le coût plus élevé du billet.»

Pourquoi ne pas investir, dès lors, le Stade de Genève? Principalement en raison de la configuration du concert, qui demande un plafond. «Nous sommes en cours de négociation pour un prochain concert, glisse Michael Drieberg. Mais avec Palexpo, la retombée sera mondiale: la com’ de Metallica mentionne les records obtenus en tournée. Les agents internationaux le verront. On a ouvert une brèche!» De fait, Palexpo accueille pour la troisième fois déjà un concert de grande envergure, après Depeche Mode en 2009 et Mylène Farmer en 2013. «Une vraie possibilité de faire venir des poids lourds de la musique, se réjouit Michael Drieberg, mais qui a son coût. Et ne s’avère possible qu’avec un nombre restreint de groupes, tels que U2, les Rolling Stones, voire AC/DC et Coldplay.»

Metallica me 11 avril, 19 h 50, Palexpo, Halle 7. 1re partie: Kvelertak. Infos: livemusic.ch (24 heures)

Créé: 09.04.2018, 21h44

«Au début, l’esprit était punk. Mais ça n’a pas duré»

Lorsque la réputation d’un groupe s’évalue au nombre de semi-remorques transportant son matériel de scène, la musique devient un élément parmi d’autres constituant l’événement. Pourtant, c’est grâce à son répertoire que Metallica a bâti sa réputation. Du moins il y a 35 ans, à ses débuts. Voilà ce que rappelle Jérôme Pellegrini, guitariste du groupe genevois Nostromo, figure d’un rock plus extrême encore que ne l’était le quatuor américain dans les années 80: «J’ai appris la guitare en repiquant les premiers albums, c’est comme cela que j’ai compris l’importance de la rythmique, bien plus que des solos. Le metal est une musique de percussion, qui se joue en collectif.» En 1991, le musicien genevois, âgé de 16 ans, se rend à Bâle pour la tournée Monsters of Rock. Une grande déception: «Le chanteur, James Hetfield, crachait sur le public. Il n’en avait déjà plus rien à faire. En rentrant, j’ai balancé tous mes disques du groupe.» Et aujourd’hui? «Le thrash, l’esprit punk qui animait les débuts, ça n’a pas duré. Depuis les années 90, Metallica fait du rock avec des guitares saturées et des chansons gnangnans.» Reste, dit-il, une figure iconique, priée – business oblige – de ne pas surprendre son auditoire. Et l’on ne parlera pas du batteur, Lars Ulrich, dont la réputation, chez les spécialistes, va déclinante…
Des fans de la première heure toujours admiratifs, il y en a tout de même. Photographe de métier fasciné par le rock, proche de la soixantaine, Joseph Carlucci couvre les concerts depuis une quarantaine d’années. Il était
à Zurich en 1984: «On était venu voir Venom; on a découvert en première partie un groupe d’inconnus: quelle baffe énorme! J’ai oublié Venom. Pas Metallica. Une note et mes tripes sont retournées. C’était un plaisir spontané, ça le reste, quand bien même c’est devenu une machine monumentale. Et puis j’ai pu vendre des images au groupe, qui ont été publiées, et ça,c’est extraordinaire.»
Metallica, dans les années 80, intéressait un public adolescent. Quid des générations suivantes? Le Nyonnais Randy Schaller, 29 ans, chanteur du groupe metal Voice of Ruin, ado dans les années 2000, a découvert le rock extrême avec les figures de son époque, Korn et Slipknot. «Ces groupes s’inscrivaient d’entrée dans le show-business. La donne avait complètement changé.» L’importance de Metallica? «Ce n’est qu’après qu’on s’est mis à l’écouter, pour enfin saisir son importance historique.» Quant aux ados de 2018,ils s’initient directement avec Metallica, ou Slayer. Ajoutez-y Anthrax, et Megadeth, ce dernier en concert le 2 juillet à PTR (Usine): voilà le fameux «big four» du thrash, toujours sur la route, malgré le temps qui passe… F.G.

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