Paolo Nutini, ou comment gravir le Cervin mains dans les poches

FestivalTête d'affiche de cette édition du Zermatt Unplugged, le chanteur italo-écossais a tenu son rang vendredi, au registre du groove décontracté.

Paolo Nutini lors de son concert de vendredi soir.

Paolo Nutini lors de son concert de vendredi soir. Image: DR

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Paolo Nutini a beau avoir fait un sold out du Chapiteau le plus rapidement cette année, ça ne l'empêche pas de baguenauder mains dans les poches sous le Cervin, le matin-même de son concert, flânant dans la rue centrale entre un café en terrasse et une montre en vitrine. Presque anonyme. Le charme du Zermatt Unplugged, définitivement - un mélange de glam et d'authenticité qui convenait mieux que quiconque à Nutini, judicieusement annoncé sur scène comme «celui qui n'empile pas les hits mais poursuit l'une des plus cohérentes carrières d'un chanteur exceptionnel.» L'anti James Blunt, en somme. Un godelureau au débraillement si «cool» qu'il paraît réfléchi. Un mix d'Ecosse et d'Italie réconciliant le groove houblonné de Van Morrison et le crooning soft de Jerry Vale. Un beau gosse, en plus, ce qui ne nuit jamais à une carrière.

Dans le Chapiteau rempli, donc, Nutini reproduit dans son jeu et dans sa musique cette décontraction qu'autorisent un talent rare et une voix en or. Onze musiciens autour de lui, il se marre du caractère définitivement non acoustique de son concert «Unplugged» - le festival respecte surtout sa nature dans les bars et sur les petites scènes du Off, rarement sur sa scène amirale. Qu'importe. Funk my Life Up ouvre la soirée sur un groove matois, puissamment secouée par le vibrato naturel du chanteur, jeans et T-shirt blanc (et un verre de Schnaps dont il décrit les vertus libatoires en direct, tout content de troquer ses sempiternelles canettes contre un alcool local).

Explorant son dernier album en format électrique, il joue finalement le jeu du débranché en allumant quelques chansons impeccables, seul à la guitare sèche, dont une version tout en élégance jazzy de Dream a Little Dream of Me. «Paolo, tu sei il migliore!» hurle un représentant de la large communauté italienne du public, récompensé par une balade dans la langue de d'Ugo Tognazzi.

Les cuivres et les violons reprennent leur place et Nutini débouche ses premiers succès, obtenus il y a dix ans déjà, quand l'inconnu de même pas 20 ans flattait l'oreille d'Ahmet Ertegun, le fondateur d'Atlantic Records et découvreur de Ray Charles - l'Ecossais sera sa dernière recrue. La solidité sans vains artifices de son parcours, la qualité affolante de son chant et de ses compositions prouvent combien Ertegun avait vu juste. (24 heures)

Créé: 08.04.2017, 10h37

Infos

www.zermatt-unplugged.ch, jusqu'à dimanche

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