Rock Oz’ a remporté ses paris et voit l’avenir d’un bon œil

FestivalLes arènes ont accueilli 36 000 personnes de mercredi à dimanche. Une affluence plus élevée que ces deux dernières années, malgré les doutes quant à l'orientation artistique à venir.

Les arènes d’Avenches tout en lumières dimanche pour la dernière soirée du festival.

Les arènes d’Avenches tout en lumières dimanche pour la dernière soirée du festival. Image: FRANÇOIS MELILLO

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«Le festival a osé apporter de la nouveauté. Et c’est un succès.» Charlotte Carrel l’annonce comme un soulagement. Lors de la conférence de presse de clôture, dimanche aux arènes d’Avenches, pendant le concert d’Alan Stivell sur la Grande Scène, la directrice de Rock Oz’, entourée de sa garde romaine, longue robe noire et chapeau assortis à l’esprit celtique de la soirée, est fière de pouvoir dresser un bilan positif. Car cette 28e édition, qui s’est tenue de mercredi à dimanche, aura été celle de tous les défis artistiques.

Deux soirées entièrement electro, un dimanche rajouté au programme et placé sous le signe de la musique celtique: voilà comment Rock Oz’ Arènes a voulu répondre à l’offre pléthorique de festivals dans la région. Concurrence qui a notamment fragilisé la manifestation d’Avenches ces dernières années et fait baisser sa fréquentation de 15% depuis 2016.

Le festival a donc choisi de prendre des risques pour espérer tirer son épingle du jeu et continuer à exister. À en croire l’affluence de cette édition, 36 000 festivaliers, soit une hausse par rapport à 2017 (33 000) et 2018 (31 000), bien lui en a pris. Un chiffre à mettre toutefois en perspective des cinq soirs de cette édition, lorsque les deux dernières éditions ne comptaient, elles, que quatre soirées. Mais le budget, à hauteur de 3,5 millions de francs, est resté le même que l’année passée. Sur le plan financier, les comptes de Rock Oz’Arènes «devraient arriver à l’équilibre», selon sa directrice, qui ajoute qu’aucun incident n’est à déplorer.

Tendance electro et techno

Lorsqu’il reste rock, Rock Oz’ continue à faire le plein. La soirée d’ouverture, mercredi, avec le groupe légendaire Scorpions, a vendu 8000 tickets et affiché complet. «Une prestation formidable qui restera dans les annales», selon les organisateurs. Mais le festival persiste: Au vu de l’état actuel du marché de la musique rock, en plein recul ces cinq dernières années, il faut une programmation éclectique pour remplir cinq soirs d’un événement comme celui-ci.

Si la soirée francophone de jeudi, avec Christophe Maé et Bénabar, a rempli toutes ses promesses, Charlotte Carrel note toutefois une légère déception quant à l’affluence du samedi. Intitulée Techn Oz’Arènes, cette nouvelle soirée était censée renforcer l’offre de musiques électroniques du festival suite au succès ces dernières années d’Electr Oz’Arènes, qui a, elle, trouvé à nouveau son public vendredi.

«Nous avions conscience que nous ne ferions pas sold-out avec cette soirée techno, assume la directrice. C’était une expérience à tenter.» Selon Charlotte Carrel, le festival n’aurait pas réussi à dégoter les têtes d’affiche espérées. Ce qui expliquerait le manque d’affluence. «C’est un bon début, cela répond à une tendance musicale que nous avons envie de continuer à explorer à l’avenir.»

La prochaine dans les arènes?

Une chose est sûre, Electr Oz’Arènes et Techn Oz’Arènes seront à nouveau au programme de la 29e édition du festival, annoncée du 12 au 16 août 2020. Si l’on sait que Rock Oz’ aura bien lieu, impossible encore d’affirmer qu’il se tiendra dans les fameuses arènes d’Avenches. Mal en point, affaiblies par les années, ces dernières vont subir d’importants travaux très prochainement. «Si le site venait à être fermé durant le mois d’août, il y aura un plan B», affirme la directrice de 53 ans. Sans en dévoiler davantage.

Le festival a d’ailleurs dû réagir à de nouvelles directives tardives sur le réaménagement des arènes en pleins préparatifs. L’équipe d’infrastructure a en effet dû déplacer la Grande Scène et supprimer le bar des artistes. «Une pression humaine et financière supplémentaire pour le festival», déplore la directrice.

Quant à son éventuel départ de la manifestation, annoncé dans les médias la semaine passée, Charlotte Carrel a souhaité garder le silence, ajoutant tout de même que «tout a été dit. Rock Oz’Arènes, ce n’est pas Charlotte Carrel, c’est une équipe, avec 700 bénévoles. Et avec ou sans moi, Rock Oz’Arènes vivra.»

Créé: 18.08.2019, 22h42

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Une dernière soirée celtique et odanique

Longs cheveux et barbes tressées, maquillages fantaisistes sur les pommettes, et des marmots qui courent sous les kilts. Tel est le visage de Rock Oz’ en ce dimanche un peu spécial. Pour sa soirée de clôture, le festival d’Avenches a fait le pari d’orienter son programme vers des notes folkloriques et celtiques. Soit un savant mélange entre l’ambiance incandescente d’un pub irlandais et les envolées lyriques d’un rock de Vikings. Les têtes d’affiche du soir se nomment Wardruna, ambassadeurs norvégiens du neofolk et de la culture païenne nordique, et Alan Stivell, barde breton qui manie la harpe aussi bien que la cornemuse.
En début de soirée, le public clairsemé des arènes n’en est pas encore à boire sa bière dans une corne. Comme si Avenches vivait la gueule de bois de ses deux soirées electro du week-end. Sur la grande scène, les joyeux lurons saint-gallois de Saint City Orchestra chauffent les plus en forme à coups de violon, d’accordéon et de rythmes chahutés. Premiers pogos en cercle dans la fosse. Même son de cloche du côté de la scène du casino avec The O’Reillys and the Paddyhats, qui enchaînent. Le groupe allemand, qui n’a d’irlandais que la musique et l’amour pour les bières brunes, fait voler les premiers gobelets. La foule s’époumone. Pari réussi.

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