Stefano Bollani, le trublion jazz, fait irruption à Gstaad

ClassiqueLe Menuhin Festival invite le pianiste italien pour dialoguer avec Sol Gabetta, fine fleur du violoncelle.

Le pianiste italien Stefano Bollani ne rechigne pas à s'aventurer sur d'autres terrains musicaux que le jazz.

Le pianiste italien Stefano Bollani ne rechigne pas à s'aventurer sur d'autres terrains musicaux que le jazz. Image: VALENTINA CENNI

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«J’essaie d’écouter et de jouer toutes les musiques, sans préjugés.» Interrompant sa tournée en hommage à Frank Zappa avec son quartet de jazz, Stefano Bollani fait escale la semaine prochaine à Saanen dans le cadre du Menuhin Festival de Gstaad, pour une soirée impromptue dont il a le secret, en compagnie de la violoncelliste argentine Sol Gabetta. «Je ne fais pas de distinction entre les musiques élitistes et populaires, poursuit le pianiste italien. D’ailleurs, les musiciens que j’adore n’en font jamais. On parle seulement de musique et c’est tout.»

Aussi à l’aise dans un jazz effervescent et très contemporain que dans la relecture des standards de l’âge d’or du jazz, Stefano Bolli défend parfaitement sa virtuosité classique. Il a publié en particulier deux albums épatants chez Decca avec Riccardo Chailly dans les concertos de Ravel et de Gershwin. Le personnage incarne à la perfection ce croisement des styles – et ce n’est pas un hasard si, en classique, le Milanais a une prédilection pour le début du XXe siècle: «C’est la période où tous ces musiciens se retrouvent à Paris, comme Stravinski, Prokofiev, Ravel, Satie, Milhaud, et sont intéressés par les musiques populaires et l’arrivée du jazz.»

Classique et jazz

Avec une réjouissante régularité, le Menuhin Festival de Gstaad lance des ponts entre le classique et le jazz. Yehudi Menuhin n’a-t-il pas d’ailleurs été le premier à se frotter aux autres cultures, avec Ravi Shankar ou Stéphane Grappelli? Des artistes aussi réputés que George Gruntz, Uri Caine, Daniel Schnyder ou Bobby McFerrin ont ainsi illuminé la section «Today’s Music» du festival. Cette année, c’est au tour de Stefano Bollani de se prendre au jeu d’un cross-over stimulant.

En regardant en arrière, le musicien se souvient d’avoir toujours sauté à pieds joints sur les barrières: «A 6 ans, j’ai commencé le piano classique dans l’idée de devenir chanteur de pop!» A 12 ans, fan du pianiste et chanteur de variété Renato Carosone, il lui envoie une cassette où il interprétait ses chansons. Ce dernier l’oriente sérieusement vers le jazz, qu’il pratiquera en hyperactif et rigoureusement sans ornières: «Mes modèles, ce sont Miles Davis, toujours en mouvement, toujours différent, changeant tout tout le temps, et Frank Zappa, un mec unique qui n’a fait que ce qu’il a voulu.» Son prochain projet? Une pièce de théâtre – La Regina Dada – coécrite et interprétée avec sa femme, Valentina Cenni.

Aussi bavard au clavier qu’au micro, Stefano Bollani adore s’adresser à son public, le faire rire en se lançant dans des imitations, en improvisant ce que lui suggère le moment. C’est ce qui fait le succès de son émission Sostiene Bollani à la télévision italienne, où il invite des musiciens de tous horizons. «C’est lors de la dernière session en 2013 que j’ai invité Sol Gabetta, se souvient-il. Je ne l’avais encore jamais rencontrée mais j’avais adoré son album Vivaldi. Elle sera avec moi à Saanen et nous allons certainement, nous replonger dans Piazzolla!»

Saanen, Hôtel Landhaus Je 23 juillet (19h30)

(24 heures)

Créé: 17.07.2015, 10h16

A l’affiche

Le festival de Gstaad alterne entre le sérieux et le léger. Le thème «Ironie et musique» sert de fil rouge pour toute une série de concerts aux contours variés. Tantôt drolatiques (les 12 altos de la Philharmonie de Berlin, le 31 août), tantôt pince-sans-rire (Alfred Brendel lisant son dernier livre, le 31 juillet), voire grinçants (The King’s Singers, le 27 juillet) ou sarcastiques (Sol Gabetta et Pierre-Yves Thibaudet dans Chostakovitch, demain). Même Jordi Savall se prête au jeu des Musicall Humors (le 6 août).
Il y a aussi cependant du grand sérieux avec les têtes d’affiche que sont Jonas Kaufmann (21 août), Cecilia Bartoli (4 sept.) ou Zubin Mehta (30 août). Tout aussi sérieux et réjouissant: le volet pédagogique du festival, avec ses leçons de maîtres ouvertes au public, dont la 2e?édition de l’inestimable académie de direction d’orchestre de Neeme Järvi (du 23 juillet au 1er août). Bref, un menu nourrissant et tout à fait équilibré pour grimper sur l’alpe séance tenante.


Gstaad et environs

Jusqu’au 6 septembre

Loc.: 033 748 81 82 ou 0900 585 887

www.gstaadmenuhinfestival.ch

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