Zaz: «J’ai plein de colère en moi»

ChansonAvant son concert mardi 19 janvier à l’Arena, la chanteuse livre un peu d’elle même en interview, entre émotions fortes et coups de gueule. Le show!

Zaz, Isabelle Geffroy de son vrai nom, 35?ans, campe au sommet du showbiz français. La chanteuse sera en concert mardi prochain à l’Arena.

Zaz, Isabelle Geffroy de son vrai nom, 35?ans, campe au sommet du showbiz français. La chanteuse sera en concert mardi prochain à l’Arena. Image: Patrick Carpentier

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Zaz sera en concert à l’Arena mardi 19 janvier. La voici déjà au bout du fil pour assurer un peu de promo. D’autant plus qu’un disque enregistré en public vient de sortir, accompagné d’un DVD.

On était parti pour vingt minutes d’interview, durée courante pour ce type d’entretien. Au final, Isabelle Geffroy, 35 ans, aura été des plus généreuses, assurant trois quarts d’heure de causerie à bâton rompu. Où Zaz s’enflamme, tempête et gueule sur les critiques récurrentes des journalistes au sujet de sa carrière, qu’on dit trop opportuniste pour être honnête. Si loin, du moins, du message anticapitaliste délivré sur sa fameuse chanson Je veux. «Jalousie, préjugés!» répond une des plus grandes fortunes de la scène française, statut qu’elle partage avec Mylène Farmer, Maître Gims et Johnny Hallyday. «J’ai plein de colère en moi», dit-elle, avant de s’émouvoir longuement sur le sort terrifiant des Congolaises violées à la chaîne par les groupes armés: «C’est un génocide et tout le monde s’en fout!»

Trouver des sous

La presse hexagonale n’avait pas aimé son dernier opus? Paris, album de reprises visitant les répertoires d’Aznavour, Trenet, Ferré, Piaf et on en passe, pèche en effet par son manque de souffle comme d’originalité dans les choix et les arrangements. Pareil produit, cependant, s’est avéré parfait pour l’export à destination d’auditeurs moins au fait de la musique française des années 30 à 50. Pour les Allemands principalement. Plus gros marché de la musique sur le continent, la nation germanique avait déjà plébiscité son premier disque, Zaz, en 2010, reconduisant pareil succès avec Recto Verso en 2013. «Il y a plus de barrières avec le public francophone qu’à l’étranger, où les gens ne comprennent pas ce que je dis, mais entendent parfaitement ce que je donne parce qu’ils écoutent la musique. Les Français, eux, sont plus intellectuels.» Les vilains. Mais ce n’est pas tout. En Europe de l’Est – République tchèque, Pologne, Russie – comme en Amérique latine et au Japon, l’affaire s’avère là aussi «énorme», selon l’intéressée. «Je ne suis pas calculatrice au point de…» Au point de? «Paris est un disque commercial, oui! Et j’ai envie d’en profiter pour aller de l’avant. C’est mon métier. Je gagne de l’argent? Tant mieux.»

Et Zaz sait où il y a des sous. Dans les concerts privés notamment, une manne pour les artistes de renom. Trente minutes à 40 000 euros, c’était le tarif pour chanter devant les employés de l’assureur allemand Allianz. Nouvelle polémique, qui vient s’ajouter à ses propos sur la «forme de légèreté» dont Paris aurait bénéficié sous l’Occupation, «maladresse» dont la dame s’est excusée depuis.

A prendre ou à laisser: Zaz reprend «Tous les cris, les SOS» de Daniel Balavoine. Ça vient de paraître sur l'album hommage au chanteur disparu il y a trente ans, le 14 janvier 1986.

Du swing des débuts, de la gouaille de la rue (Les passants, Je veux) qui ne constituaient de loin pas les premières expériences de cette chanteuse formée au cabaret, Zaz a viré à la pop, livrée clés en main par Goldman, Raphael et consorts (Si, Eblouie par la nuit, On ira). «On me critique parce que je n’entre dans aucune case. Arrêtez de me coller des cases!» Le combiné grésille. Parmi tous ces styles, a-t-elle une préférence? «Je ne suis passée à rien de différent.» Soit, mais… «Dans ma tournée, il y a du rock, du swing et même du dub step. Alors si j’ai envie de faire du rap ou de la dance, pourquoi pas?!» Pause. Elle reprend, enjouée: «Mais non, je ne t’engueule pas!»

Complexe, Zaz. Embarquée dans le grand barnum du show-biz, elle semble vouloir préserver son énergie première, son authenticité, tout en ménageant chèvre et choux pour satisfaire les lois du marché. Zaz qui, durant cette interview, aura déclaré, sans hésitation: «Je chante parce que je suis engagée.» A propos du Congo? «J’ai rencontré le chanteur congolais Lokua Kanza. J’aimerais faire quelque chose avec lui, pour trouver de l’argent, pour payer des médecins…» Puis Zaz qui assène, autrement plus cynique: «J’ai appris à gérer mon image. Ne pas le faire peut te pénaliser. Déplorable? Quelque part, j’en ai rien à foutre. Mais j’ai dû composer avec. Désormais, j’en joue.» Dès lors, sa réponse prend un autre sens lorsque, interrogée sur ses projets d’avenir, elle répond: «Ce que j’aimerais faire, c’est du cinéma.»

Moins convenu que Balavoine, Zaz reprend «Wapi Yo» de l'artiste congolais Lokua Kanza. C'était il y a quatre ans déjà.

Zaz en concert à l’Arena, mardi 19 janvier, 20 h. Infos: opus-one.ch. «Zaz sur la route», CD et DVD live (CD Warner) (24 heures)

Créé: 15.01.2016, 17h23

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