Amadou & Mariam en tête d'affiche du 1066 Festival d'Epalinges

InterviewLa 5e édition de la manifestation world ouvrant vendredi met le couple malien à l'honneur alors que sort leur album «La Confusion»

Amadou Bagayoko et Mariam Doumbia jouent vendredi à Epalinges alors que leur album «La Confusion» vient de sortir.

Amadou Bagayoko et Mariam Doumbia jouent vendredi à Epalinges alors que leur album «La Confusion» vient de sortir. Image: DR

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Parmi les musiciens africains, Amadou & Mariam font partie des rares artistes à avoir porté haut les couleurs du continent au XXIe siècle. Salif Keita, Rokia Traoré, Tinariwen: les champions de la notoriété internationale sont souvent issus du Mali, tout comme Amadou & Mariam, dont le succès ne se dément pas depuis le tube La fête au village, de l’album solaire Dimanche à Bamako, réalisé en 2004 avec Manu Chao. A l’occasion de la sortie du nouvel album des deux artistes, La confusion, le 1066 Festival d’Epalinges, toujours fidèle à son soutien à la «world music», s’est naturellement tourné vers cette tête d’affiche pour constituer le noyau de sa première soirée africaine, qui compte aussi Vieux Farka Touré, le fils d’Ali Farka Touré, et la Soudanaise Alsarah & The Nubatones.

Le duo (et couple à la ville) a toujours pu compter sur la sympathie d’artistes internationaux, comme U2 ou Coldplay, qui les embarquaient en première partie de certaines dates de leurs tournées. «Notre musique traverse les frontières, car, si nous puisons notre inspiration dans la tradition et l’esprit africain, nous avons toujours été intéressés par d’autres musiques, que ce soit le rock ou le blues», commente Amadou Bagayoko depuis Paris, où la paire assure concert et promotion. «Sans nous limiter à la world music, nous fusionnons les styles pour nous diriger dans une direction plus universelle, une connexion plus générale.» Leur dernière production, La confusion, ne déroge pas à la règle et prolonge cet art du métissage. «Avec du funk et même du disco.» Si l’album remue ainsi avec vigueur, il n’oublie pas, dès son titre, le commentaire social et politique, simple et direct. «Nous sommes des chanteurs du quotidien, témoignant de ce qui nous entoure, et la réalité devient toujours plus confuse, sans que l’on ne sache plus si on se trouve dans un rêve, la virtualité ou un cauchemar. Nos observations valent d’abord pour notre pays, mais les problèmes du Mali se retrouvent dans le reste du monde.»

Dans C’est chaud, ils scandent ainsi «Insécurité partout, la guerre partout, la haine partout, la xénophobie partout, la crise partout». Des constats peut-être ingénus, mais qui ont le mérite de nommer les maux de l’époque… En ce sens, la cécité des deux musiciens leur ouvrirait «la possibilité de réfléchir en profondeur et de toucher des points très simples, communs à tous». «Mais il ne s’agit pas juste de se lamenter et de réfléchir, mais de bouger aussi, car cela permet aussi de résoudre des problèmes.» L’activisme par le pouvoir de la danse, pourquoi pas?

A force de succès hors du Mali, il devient légitime de se demander à quel public Amadou & Mariam s’adressent en premier lieu. «Je dirais le public international, rétorque sans la moindre hésitation Amadou Bagayoko. Car il inclut aussi celui du Mali.» La francophonie les associe volontiers à la France, ce «deuxième pays» où ils multiplient les collaborations (comme avec - M - sur le récent Lamomali) et où ils ont réalisé La confusion après avoir préparé leurs maquettes à Bamako. Mais le duo écume avec autant de bonheur les pays anglo-saxons, en Grande-Bretagne – «où nous sommes très populaires, même s’ils ne comprennent pas les paroles de nos chansons en français» – ou aux Etats-Unis.

S’il n’a jamais cherché à quitter la capitale malienne comme lieu de résidence, le couple aime pourtant voyager, même hors tournée. Pour des vacances, la ville de Montréal a sa faveur, mais aussi des pays comme la Norvège ou la Suède, où Amadou Bagayoko ne craint pas les chutes de température. «Mais j’aime le froid, contrairement à beaucoup d’Africains.» Normal pour qui chante C’est chaud. «C’est chaud partout en effet, mais cette chaleur-là s’adresse à l’actualité!»

Créé: 27.09.2017, 21h27

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Vieux Farka Touré

Le programme du 1066 Festival

Epalinges, Grande Salle

Vendredi 29 septembre
Thaïs Diarra (19h, entrée libre)
Alsarah & The Nubatones (20h)
Vieux Farka Touré (22h, photo)
Amadou & Mariam (23h50)
Soul Koffi (01h, DJ).

Samedi 30 septembre
G2od & Loucam (18h, entrée libre)
Inna Da Yard (20h, photo)
Anthony B (22h)
The Gladiators (23h50, en remplacement de Biga Ranx, annulé)
Black Diamond (01h, DJ).

www.1066festival.ch

Inna De Yard

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