Ara Malikian, le violon tatoué

ConcertLe virtuose propose un pot-pourri de musiques du monde, de classique et de rock.

Le violoniste libano-espagnol cultive un genre décalé.

Le violoniste libano-espagnol cultive un genre décalé. Image: DR

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Cet article a paru une première fois le 28 septembre 2018 dans le supplément Opéra de Lausanne.

Mais d’où sort cet olibrius? Impossible de faire la netteté sur Ara Malikian quand il bondit, sautille et gesticule sur scène avec son violon. La chevelure hirsute, la barbe et l’archet itou, le multi-tatoué arbore un look grunge ostentatoire, avec ses vêtements dépenaillés et dépareillés, ses boots cloutés, ses bagues et ses bracelets de pacotille. Mi rock-star, mi-gitan, le violoniste espagnol cultive aujourd’hui un style de voyou excité, de clodo clinquant pour faire passer sa propre musique fusionnant la virtuosité de la tradition occidentale à toutes les cultures populaires, du Moyen-Orient aux Balkans, d’Argentine à l’Espagne. Servi avec une sauce visuelle et sonore bien électrique pour électriser les foules. Et ça marche! Figure médiatique en Espagne où il a bâti sa nouvelle carrière (qui l’affranchit là-bas du circuit de l’art subventionné), le Libanais diffuse largement sa machine à spectacle, notamment avec son album «The Amazing Story of Violin», à découvrir dimanche 9 décembre à l’Opéra de Lausanne.

Ara Malikian est né à Beyrouth en 1968 d’une famille d’origine arménienne. Depuis l’âge de 3 ans où son père lui a mis un violon dans les mains, Ara Malikian ne l’a plus lâché. Il joue encore l’instrument de son grand-père qui avait, par miracle, échappé au génocide de 1915. Le violoniste est sagement passé par toutes les gammes du virtuose classique: premiers concerts à 12 ans, à 15 ans, bourse pour aller étudier à Berlin, formation par les meilleurs professeurs (Franco Gulli, Ruggiero Ricci, Ivry Gitlis), premiers prix dans des concours prestigieux, enregistrements applaudis, violon solo de l’Orchestre symphonique de Madrid... Mais cet univers du smoking et du rituel compassé du concert ne lui parle plus. Pour lui, Niccolo Paganini a été la première rock star du violon et c’est une déclinaison contemporaine de ce «phénomène de foire» qu’Ara Malikian cherche à réinventer, en renonçant à séparer ses goûts musicaux et en replongeant dans son héritage familial aux racines orientales.

Il est cocasse de voir sur les portraits du violoniste comment sa prise de conscience s’accompagne de l’expression de son système pileux. Plus il se rebelle, plus ses cheveux et sa barbe repoussent. Aujourd’hui, il n’a pas renié ce passé rasé de près. Il a juste fait sa crise d’adolescence à 40 ans révolus! Avec pour ambition de réunir dans le public le mélomane épris de Bach et Vivaldi et le fan de Jimmy Hendricks, David Bowie ou Led Zepplin.

Lausanne, Opéra, di 9 déc. (17h) www.opera-lausanne.ch (24 heures)

Créé: 07.12.2018, 11h27

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