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Attendu, Rag’n’Bone Man se révèle presque trop «Human»

Le colosse au cœur tendre était déjà disque de platine pour son EP. Le premier album du nounours de Brighton est calibré pour le succès.

Parmi les nombreux tatouages du chanteur, «soul» orne sa main droite et «funk» la gauche.?
Parmi les nombreux tatouages du chanteur, «soul» orne sa main droite et «funk» la gauche.?
Antonio Calanni

L’histoire est presque trop belle pour avoir l’air vraie. Et pourtant, le monde a découvert l’an dernier le conte du gentil géant au cœur tendre, de ce Rory Graham né il y a trente-deux ans dans la banlieue de Brighton la musicale et l’éclectique. Un père musicien, une mère fan de vieux disques de jazz et de blues, une sœur aînée trisomique, «la fille qu’il préfère au monde», l’Anglais fait autant le MC dans des groupes de hip-hop qu’il joue de l’harmonica dans l’orchestre de son père jusqu’à ce qu’un soir, gorgé de whisky, il ose chanter avec son paternel et révéler cette voix rauque, profonde, épaisse comme le coffre de cette carcasse tatouée qui pourrait faire peur. Mais voilà, derrière son aspect de colosse, Rory est un gentil, parle de sa compagne comme de sa «meilleure moitié», aime son chat Patricia.

Il a d’ailleurs débuté dans la vie comme aide-soignant, s’occupant de patients atteints du syndrome d’Asperger (autisme) et de Down (trisomie 21), «afin de faire du bien autour de moi, de comprendre et de maîtriser ce que je ne connaissais pas encore de ce handicap», explique-t-il dans les médias britanniques avec cette bonté désarmant un milieu musical peu habitué à cela. Quelques enregistrements hip-hop plus tard, il séduit le producteur Mark Crew qui travaille sur l’album de Bastille. 2013 marque le début de sa carrière avec Warner Chappell et la mise progressive sur orbite du phénomène qui préférera finalement la soul et le blues pour exprimer ses émotions.

Après deux essais discrets, un passage à la conférence de presse du Montreux Jazz Festival, dont il a conquis le boss Matthieu Jaton, puis au même Lab, la bombe Humant explose à l’été. Un single plein de blues et de compassion qui se propulse en tête des charts et monopolise les antennes radio. Un disque de platine plus tard, le véritable album qui devait s’en suivre était attendu comme le Messie brit, à l’image des cartons vocaux anglais d’Amy Winehouse ou d’Adele, dont Rag’n’Bone Man (le «ferrailleur») est le digne héritier.

Il a pris le temps de peaufiner ce Human (Deluxe) qui porte bien son nom. Dix-neuf titres imaginés comme un vrai ensemble, une vraie œuvre artistique dans un concept global. Comme il le déclarait à notre confrère Alexandre Caporal, «Tout cela est dû à l’industrie du streaming. Non pas qu’elle soit néfaste, moi-même je trouve incroyable d’avoir le monde de la musique au bout des doigts et de pouvoir l’explorer. Le problème, c’est la diminution de l’attention d’écoute. Les gens veulent de l’instantané, ils ne prennent plus le temps de savourer un album.»

Pour Rory, c’est le moment maintenant de savourer le succès, même s’il avoue regretter le temps où il pouvait faire la fête après ses concerts dans les salles de café où il a commencé. Maintenant, il doit assurer sa tournée qui démarre, l’esprit clair.

Avoriaz (F), Rock the Pistes

je 23 mars, 13 h 30

www.rockthepistes.com

Zurich-Oerlikon, Halle 622

ve 29 mars, 20 h

www.halle622.ch

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