Avenches allume les feux de Giuseppe Verdi

OpéraPour sa 24e édition, le Festival Opéra en Fête a choisi des extraits du célèbre «Aïda», en plus d’un programme varié

La scène couverte permettra de jouer même en cas de mauvais temps. Patrice Birbaum

La scène couverte permettra de jouer même en cas de mauvais temps. Patrice Birbaum Image: Patrice Birbaum

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Devenu incontournable pour nombre d’amateurs d’art lyrique, le Festival Opéra en Fête d’Avenches s’apprête à vivre sa vingt-quatrième édition. Dans l’amphithéâtre d’une cité vieille de plus de 2000 ans, la plus grande manifestation dédiée à l’opéra en plein air de Suisse a remplacé les armes des gladiateurs par des cordes et instruments à vent. Délivrant à son fidèle public autant d’expériences mémorables que de plongées dans des œuvres ayant traversé l’histoire.

Dès vendredi, pour prolonger le succès de la saison précédente, le concert regroupera pour la seconde fois plusieurs airs d’opéra. Avec à l’honneur cette année «Aïda», de Giuseppe Verdi. «Ce choix est idéal, explique Laurent Gendre, directeur musical du festival. Dans un espace propice à l’imagination, la dimension dramatique d’«Aïda» résonnera avec la grandeur architecturale d’un lieu mythique. Même avec un minimum de décors.» Si les cinq extraits choisis ne sont pas représentatifs de tout l’opéra, ils permettront de s’imprégner de son univers, notamment à travers la célèbre «Marche des trompettes», jusqu’à la scène finale dont la musique respire le dépouillement.

Programme contrasté

En plus d’«Aïda», le programme contient d’autres jalons de l’histoire de l’opéra, comme «La Traviata» de Verdi, «le Barbier de Séville» de Rossini, «Carmen» de Bizet ou «Eugène Onéguine» de Tchaïkovski. Mais s’enrichit également d’une série d’œuvres plus confidentielles. «Nous souhaitons révéler à quel point certains morceaux moins célèbres trouvent largement leur place dans une programmation de haute volée, poursuit Laurent Gendre. Cela devrait provoquer une dynamique intéressante auprès du public.» Ainsi, à la suite d’un extrait de «Die Tote Stadt», d’Erich Wolfgang Korngold, rarement interprété par des ensembles, le public entendra des airs devenus légendaires, à l’image de «Nabucco», de Verdi. Les contrastes apparaîtront aussi au niveau formel, puisque des ambiances radicalement différentes s’enchaîneront. «L’impulsion principale du concert apparaît au moment où des mondes s’entrechoquent, analyse encore le directeur. Nous faisons en sorte de varier entre les extraits avec des chœurs, des airs, des ensembles ou des pièces d’orchestre.» Vers la fin du programme, le très intime «Addio, mio dolce amor!» issu de l’opéra «Edgar» de Puccini, et l’extrait de Korngold précéderont un passage de «Turandot» de Puccini, géré par un plus gros effectif, permettant alors d’entendre soliste, chœur et orchestre, «une bonne façon de relancer l’attention du public».

Dans ce foisonnement de musiques, les voix des solistes serviront de fil conducteur. Et chacun apparaîtra deux ou trois fois pendant toute la durée du concert, avec sa spécialité. La soprano Kristin Lewis et le ténor Marco Berti tiendront respectivement les rôles d’Aïda, esclave éthiopienne, et de Ramadès, capitaine égyptien, avec toute la profondeur de rôles dramatiques. Le baryton Andrzej Filonczyk abordera quant à lui un univers plus rossinien, et la mezzo Marie Karall se distinguera par la couleur sombre de son timbre.

Créé: 20.06.2019, 10h22

Opéra par tous les temps

U Depuis deux ans, un dispositif en plastique protège l’orchestre et la scène de l’opéra, permettant aux musiciens de poursuivre le concert malgré la pluie. «Lorsqu’il n’y avait rien, ça pouvait rapidement virer à la catastrophe, se rappelle Alba Cirafici, violoniste depuis vingt ans à Avenches Opéra.

Il est arrivé que l’on stoppe le spectacle à cause d’une intempérie. Si une seule goutte d’eau atteint un de nos instruments, c’est dramatique! À l’époque, le public ne le savait pas et il nous a même parfois hués au moment de quitter les planches. Une année, certaines personnes ont poursuivi le premier violon hors de la scène, pensant que tout était de sa faute!»

Aujourd’hui, la bulle protectrice a aussi un avantage acoustique, selon Laurent Gendre. «On s’en est rendu compte tout de suite l’année passée. Le son est plus unifié, avant d’être renvoyé vers les spectateurs.»

Infos pratiques

Avenches, amphithéâtre
Ve 21, sa 22, ve 28, sa 29 juin (20h45)
Renseignements: 026 676 06 00

www.avenchesopera.ch

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