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Les aventures d’une musicienne polyvalente et polyglotte

Simone Young débute ce soir et demain son activité de cheffe invitée à l’OCL. Rencontre avec une baguette de très haut niveau.

Simone Young apprécie de passer quelque temps à Lausanne et son ouverture sur le lac. «On trouve chez les gens qui ont une vue large quelque chose qui grandit aussi l’âme.»
Simone Young apprécie de passer quelque temps à Lausanne et son ouverture sur le lac. «On trouve chez les gens qui ont une vue large quelque chose qui grandit aussi l’âme.»
FLORIAN CELLA

Il y a des personnes qui rayonnent naturellement, même sans chercher à le faire. Voir Simone Young diriger est un bonheur partagé autant par les musiciens que le public tant la musique jaillit d’elle avec générosité, élégance et clarté. Et l’écouter parler est un privilège.

La cheffe d’orchestre australienne, 57 ans, adore les langues (elle vient d’apprendre le russe pour diriger Le joueur de Prokofiev) et maîtrise un excellent français, qu’elle avoue pourtant ne pas utiliser souvent – «Ça fait rire les musiciens de l’OCL!» Elle n’est pas avare de détails sur sa trajectoire hautement atypique dans le monde musical, pour avoir été la première femme cheffe d’orchestre à diriger dans la fosse de l’Opéra de Vienne et en concert les Wiener Philharmoniker, première femme aussi à avoir dirigé le Ring de Wagner. Ne lui dites cependant pas qu’elle est une pionnière: «Si mon parcours rend aujourd’hui ce métier plus accessible pour des femmes, tant mieux, mais je ne l’ai pas fait pour ça.» Ayant quitté en 2015 sa double fonction durant dix ans de directrice artistique de l’Opéra et de l’Orchestre Philharmonique de Hambourg, elle peut désormais vivre de sa baguette comme cheffe indépendante, comme à l’OCL, où elle entame un compagnonnage d’au moins deux saisons.

Mais avant toute chose, comment expliquer que Simone Young, adepte du grand répertoire symphonique germanique, se retrouve à fréquenter Lausanne et son «petit» orchestre de chambre? «Un coup de foudre», répond simplement la cheffe d’orchestre en souriant. En octobre 2015, elle avait été invitée pour un premier concert d’abonnement, irradiant le Ricercare de Bach par Webern, exaltant la 4e Symphonie de Schubert. «Entre de grosses machines comme Parsifal à Zurich et prochainement De la maison des morts de Janácek à Munich, travailler de tout petits détails dans Webern avec l’OCL me fait énormément plaisir.» Plus fondamentalement, celle qui a toujours refusé de se voir rangée dans un tiroir aime enrichir son répertoire: «La vie est longue, c’est dommage de ne rester que dans une voie. J’ai envie d’être polyglotte aussi en musique.»

Sa première langue musicale est le piano, qu’elle commence à 6 ans, et qu’elle ne lâchera jamais. Même si son père appréciait beaucoup la musique classique, cet intérêt a d’abord été perçu comme un caprice. «Quand j’ai commencé, je m’exerçais à la maison sur un clavier dessiné sur une feuille, raconte la native de Sydney. Mon premier piano était un instrument très vieux et très mauvais, mais après trois ans, j’en ai reçu un qui m’a accompagnée dans tous mes déménagements, à Cologne, à Berlin, à Hambourg et maintenant en Angleterre. Ma petite-fille y joue dessus!»

Pour cette déchiffreuse hors pair, le piano sert d’abord à absorber un maximum de partitions, à faire de la musique avec les autres et à composer. C’est d’ailleurs en montant au lycée une petite opérette de sa plume qu’elle dirigera du piano pour la première fois. «Ce n’était pas dans l’idée de diriger, mais de partager la musique, le théâtre, et simplement faire en sorte que ça tienne ensemble.» Répétitrice à l’Opéra de Sydney à 22 ans, Simone Young se formera à la direction d’orchestre de manière autodidacte, en profitant tout de même de l’expérience des chefs qui fréquentaient cette maison: Richard Bonynge, Charles Mackerras, Carlo Felice Cillario. Et sa carrière de se poursuivre en Allemagne aux côtés de Daniel Barenboim. «Grâce à lui, j’ai pu diriger mon premier Wagner à 34 ans. Les grandes structures me parlent directement.» Matthieu Chenal

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