Avishai Cohen, la haute tenue d'un début de soirée à Montreux

CritiqueLe trompettiste israélo-américain a offert à la 50e édition l'un des ses concerts les plus beaux et les plus exigeants. Le pianiste Nik Bärtsch aussi.

Avishai Cohen, un trompettiste qui souffle sur les hauteurs et un très beau rendez-vous du Montreux Jazz Club.

Avishai Cohen, un trompettiste qui souffle sur les hauteurs et un très beau rendez-vous du Montreux Jazz Club. Image: Grigoriy Sisoev/RIA Novosti

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Dans les méandres de la 50e édition du Montreux Jazz, le mélomane trouve aussi de quoi sustenter ses appétits les plus exigeants. Dimanche en début de soirée, au Club, le trompettiste Avishai Cohen effaçait ainsi en trois coups de piston les traces d’un week-end surchauffé et l’horizon d’une excitation footballistique. «J’espère que tout le monde ne va pas déserter sur le coup des 21 h», prévenait le dru barbu au souffle aérien. Après un April in Paris rafraîchissant, l’Israélo-new-yorkais s’élançait avec son quartet dans la suite que forme son dernier album, un Into the Silence enregistré à la suite du décès de son père.

«Il ne s’agit plus de briller sur des relectures sensibles et ingénieuses, mais de créer une musique collective, constituée de mouvements parfois fragiles, oscillant entre l’ombre et la lumière»

Le changement de registre est immédiatement palpable. Il ne s’agit plus de briller sur des relectures sensibles et ingénieuses, mais de créer une musique collective, constituée de mouvements parfois fragiles, oscillant entre l’ombre et la lumière. Après Life and Death, il ne reste plus qu’à se laisser emporter par Dream like a Child pour entrer dans une autre dimension, ouverte par des modulations qui rappellent évidemment l’héritage de Miles, mais prises dans un dialogue plus empathique, direct et à la fois relâché, avec les autres instruments, notamment le piano de Yonathan Avishai. A la batterie, Nasheet Waits accompagne la poésie du moment avec une rigueur qui exhausse et encadre la subtilité de ses compagnons. Le charme opère à plein et personne ne songe à autre chose qu’au songe lui-même.

Un Montreux Jazz en très grande tenue...

Pour le public du Montreux Jazz Club, il n’y a dès lors pas d’autre sport que la rêverie, et Avishai Cohen ne manquera pas de saluer l’attention de l’assistance à la fin de ce concert qui, par la profondeur (ou l’élévation) de son propos, en rappelait un autre, celui du pianiste zurichois Nik Bärtsch (lui aussi locataire du label ECM), vendredi soir dans l’une des salles du château de Chillon. Face au crépuscule d’un lac venant battre les flancs de la muraille, le pianiste, en sa formation Mobile, tissait des textures sonores captivantes, déroulant leurs effets et variations sur la durée. Le temps d’un Montreux Jazz en très grande tenue.

Créé: 11.07.2016, 17h26

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